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Survol de La Réunion, ravitaillement de Rafale en vol et largages de paras en mer : nous sommes montés à bord de l’A400M de la Mission Pégase 26

Ecrit par Sébastien Gignoux – le mercredi 7 octobre 2026 à 11H54
(Photo Armée de l'Air et de l'Espace)

Vitrine de l’aviation militaire française, la Mission Pégase 26 fait halte depuis vendredi 2 octobre dans l’océan Indien, où son A400M Atlas et deux de ses Rafale ont mené des exercices opérationnels entre La Réunion et Mayotte. Au menu de cette démonstration de force aérienne : survol du Volcan, ravitaillement en vol et largage de parachutistes du 2e RPIMa dans le lagon de Mayotte. Reportage.

Lancée mardi 8 septembre depuis Istres (13) par l’Armée de l’Air et de l’Espace, la Mission Pégase 26 ce sont 40.000 km parcourus, neuf aéronefs et 275 aviateurs français mobilisés, neuf pays amis visités et… un crochet par les départements français de l’océan Indien.

Arrivée le 2 octobre à La Réunion, une partie de la task force empruntant une route « dédoublée » a atterri à la Base aérienne 181 de Gillot après 7h30 de vol depuis l’Inde : deux A330 MRTT, un A400M Atlas et deux avions de chasse type Rafale qu’on a pu voir croiser (et entendre) ces derniers jours dans le ciel réunionnais.

Mais pas question de faire relâche : la venue de Pégase à La Réunion pour cette 7e édition, c’est l’occasion de répéter ses gammes, en particulier avec les Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien (Fazsoi), comme en témoigne l'opération menée lundi 5 octobre entre La Réunion et Mayotte.

L’A400M Atlas, "couteau suisse" déjà vu sur Chido

Au programme : vol de l’A400M Atlas en formation avec les Rafale au-dessus du Piton de la Fournaise, ravitaillement en vol des deux avions de combat, puis direction Mayotte, pour un exercice un peu particulier avec les militaires du 2e RPIMa de Pierrefonds.

« On a préparé la mission toute la journée d’hier (dimanche 4 octobre, NDLR) avec les pilotes de rafales et l’armée de Terre », explique le commandant Clémentin, qui pilote l’A400M Atlas. Véritable « couteau suisse » de l’Armée de l’Air et de l’Espace, cet avion de transport tactique de grande capacité avait beaucoup été vu dans la région après le passage du cyclone Chido sur Mayotte, l’appareil servant alors à transporter du matériel de secours et des vivres jusqu’à l’île Hippocampe.

Des Rafale ont soufflé sur La Fournaise

Ce lundi matin 5 octobre, il va de conserve avec deux Rafale F4, pour un passage spectaculaire au-dessus du Piton de la Fournaise. L’occasion d’admirer la virtuosité des pilotes dans une formation à trois, mais aussi de quelques clichés mémorables devant le massif du volcan, depuis la rampe d’accès de l’Atlas ouverte aux quatre vents.

S’ensuit une manœuvre de « air fueling », ou ravitaillement en vol, que l’A400M peut également assurer au profit des Rafale. Avec dextérité, les pilotes de chasse captent les « paniers » déployés par l’A400M et refont le plein de kérozène. Et après un tour de l’île, direction Mayotte pour la troisième partie de la mission.

Le 1e RPIMa à l’assaut du lagon mahorais

Car à bord de l’Atlas, peu de fret cette fois-ci mais une vingtaine de militaires d’un groupe spécialisé d’assaut par mer du 2e RPIMa de Saint-Pierre qui se préparent à un exercice plutôt rare : un largage de parachutistes en mer, avec leurs canots gonflables. Le lieu du « drop » est défini entre Petite-Terre et Grande-Terre. 

Arrivé sur zone, les portes latérales sont ouvertes. On largue d’abord les canots de plastique et leur petit moteur, équipés de parachutes. Puis c’est au tour des « paras » de se jeter à l’eau, à environ 1.500 pieds de la surface de la mer. Pas une mince affaire : en plus du parachute, il faut rajouter au barda un gilet de sauvetage et des palmes.

L’opération se passe sans encombre, au prix de quelques centaines de mètres de nage dans l’eau turquoise du lagon mahorais. 1h30 plus tard, les paras sont de retour à l’aéroport de Pamandzi, où l’Atlas s’est posé pour la récupération.

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« Le maintien d’un savoir-faire »

« C’est un largage qu’on fait assez peu souvent, donc on est assez fiers d’avoir pu le réaliser, d’autant que tout s’est bien passé », reprend le commandant Clémentin.

« Un saut sur plan d’eau, c’est un mode d’action entretenu par le RPIMa pour pouvoir intervenir au profit des populations qui auraient besoin de l’appui de l’armée française à l’étranger ou sur le territoire national », détaille le lieutenant-colonel Adrien Thévenin, chef du bureau opération/instruction du 2e RPIMa.

« Le maintien de ce savoir-faire nous permet de répondre à une des problématiques de l’insularité qui est la difficulté d’accès depuis les airs et depuis la mer », ajoute l’officier parachutiste.

Pégase, liberté de naviguer et capacité de projection

Car c’est bien l’un des objectifs de la mission Pégase : outre la promotion de la « liberté de navigation » dans l’espace aérien international et l’entretien de sa capacité de projection longue distance dans les cieux du monde, l’Armée de l’Air et de l’espace en profite pour travailler ses compétences avec les pays partenaires -et souvent détenteurs d’appareils de conception française-, mais aussi avec les autres composantes de l’armée française dans les départements d’Outre-mer.

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« C’est la troisième fois que la mission Pégase se rend à La Réunion. C’est important de vérifier notre capacité à y opérer, à venir rapidement au soutien des populations d’Outre-mer comme après Chido et de dissuader les velléités d’atteindre à la souveraineté de la France, comme l’a rappelé hier la ministre des Armées », explique le colonel Jean-Christophe, adjoint au chef de la mission Pégase.

Le tour du monde en 40 jours

Sur ce séjour réunionnais, le colonel note que « les infrastructures sont bonnes, même si là on est au maximum de la capacité d’accueil de la base avec cinq appareils et qu’il faudra envisager, pour un déploiement plus important, d’utiliser les autres pistes de La Réunion. »

Approchant du terme de son tour du monde en 40 jours en autonomie totale, qui l’a vu passer par le Groënland, l’Alaska, le Japon ou encore l’Indonésie, la mission Pégase 26 quittera La Réunion mercredi 7 octobre pour rejoindre en Egypte le reste de la task force (1MRTT, 1 A400 M et deux Rafales), passée, elle, par le Qatar, pour un nouvel exercice avec le pays hôte. Retour programmé en France le 15 octobre.

Etiquettes : Armée | Aviation | Gillot | GU | Mayotte | Rafale

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