Piratage massif à l’Éducation nationale : 243.000 agents concernés

Une cyberattaque visant un logiciel interne du ministère a exposé les données personnelles de centaines de milliers d’agents, principalement des enseignants. Une enquête est en cours.
Les données personnelles d’environ 243.000 agents de l’Éducation nationale ont été compromises à la suite d’un piratage survenu le 15 mars, a annoncé le ministère lundi. En première ligne, des enseignants, dont les informations étaient stockées dans la base de gestion des ressources humaines « Compas », utilisée pour le suivi des stagiaires du premier et du second degré.
Parmi les données concernées figurent des éléments sensibles : noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone, ainsi que des périodes d’absence — sans indication de leur motif. Les informations relatives aux tuteurs de ces stagiaires, notamment leurs coordonnées professionnelles, ont également été exposées.
« Des vérifications sont en cours sur l’ensemble des systèmes d’information du ministère afin de prévenir tout risque de propagation »
L’intrusion n’a été détectée que quatre jours plus tard, le 19 mars, par le centre opérationnel de la sécurité des systèmes d’information du ministère. Depuis, un échantillon des données piratées a été mis en ligne sur des plateformes de revente, par un groupe se présentant sous le pseudonyme « Hexdex », confirmant le risque de diffusion plus large.
Face à cette situation, les autorités ont enclenché plusieurs procédures. Le ministère a saisi l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) ainsi que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Une plainte a également été déposée à Paris.
En parallèle, l’accès à la plateforme « Compas » a été suspendu. « Des vérifications sont en cours sur l’ensemble des systèmes d’information du ministère afin de prévenir tout risque de propagation », précise le communiqué officiel.
Ce piratage intervient dans un contexte de multiplication des cyberattaques visant les institutions publiques. Quelques jours plus tôt, le Secrétariat général de l’Enseignement catholique (Sgec) révélait avoir lui aussi été ciblé, avec une fuite de données concernant 1,5 million de personnes. Le ministère assure toutefois que les deux incidents sont distincts.
Reste désormais à mesurer l’ampleur réelle des conséquences pour les agents concernés, alors que la circulation de ces données sur le dark web pourrait alimenter des tentatives d’escroquerie ou d’usurpation d’identité dans les semaines à venir.


