Outre-mer : des perspectives 2025 moroses malgré un reflux de l’inflation

L’IEOM anticipe une année 2025 sans élan pour les économies ultramarines. Si l’inflation recule et que les taux d’intérêt se détendent, l’activité reste pénalisée par les incertitudes, la faiblesse de l’investissement et une reprise de l’emploi à géométrie variable selon les territoires.
À en croire le dernier rapport de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM), l’année 2025 s’ouvre sur un climat des affaires mal orienté dans la quasi-totalité des territoires ultramarins. Seule la Martinique se distingue en repassant légèrement au-dessus de sa moyenne de long terme, tandis que la morosité persiste ailleurs. Le ralentissement de l’inflation et l’assouplissement des conditions monétaires ne suffisent pas à enclencher une reprise franche de l’activité économique.
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Après des années marquées par la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, les chocs climatiques et sociaux, les Outre-mer restent confrontés à des fragilités structurelles. Le rapport pointe une stagnation de l’emploi salarié privé dans plusieurs territoires, notamment à La Réunion et en Guadeloupe, tandis que la Martinique affiche une baisse. Seules la Guyane (+2,8 %) et la Polynésie française (+2,9 %) tirent leur épingle du jeu. Le secteur du BTP, en difficulté dans les Antilles et à La Réunion, contribue fortement à ce ralentissement.
Sur le front des prix, l’inflation poursuit sa décrue et atteint en moyenne 1,6 % fin 2024 dans les Outre-mer, contre 2,6 % un an plus tôt. À La Réunion, les prix de l’énergie sont orientés à la baisse, mais les conséquences du cyclone Garance début 2025 provoquent une hausse ponctuelle des prix alimentaires. Côté crédit, la baisse des taux directeurs engagée par la BCE à l’été 2024 commence à produire ses effets, mais sans provoquer de rebond massif de l’investissement.
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À La Réunion, l’indicateur du climat des affaires reste en retrait, traduisant le manque de confiance des entreprises. L’investissement reste atone, l’emploi privé stagne, et les signaux de reprise demeurent faibles, à l’exception d’une légère embellie dans l’hôtellerie-restauration (+3 % d’effectifs). Le secteur de la construction, lui, subit une perte nette d’emplois de 6 %, confirmant un coup d’arrêt des chantiers.
Face à ces constats, l’IEOM plaide pour une refonte structurelle des politiques économiques dans les Outre-mer. Le rapport insiste sur l’urgence à renforcer l’attractivité de ces territoires, non seulement pour réduire leur dépendance aux transferts publics, mais aussi pour améliorer leur résilience face aux chocs exogènes. Cela passe par une meilleure concurrence sur les marchés locaux, notamment par des réformes du code du commerce pour limiter les positions dominantes.
L’institut appelle aussi à simplifier l’environnement administratif et à réduire la fragmentation des aides publiques, qui freinent les porteurs de projets. Enfin, l’IEOM recommande de concentrer l’investissement public sur quelques priorités jugées stratégiques : la modernisation des infrastructures portuaires pour fluidifier les échanges, le développement des énergies renouvelables pour alléger la facture énergétique, et la relance de la production locale dans les filières agricoles et agroalimentaires afin de progresser vers l’autonomie alimentaire. Autant de leviers indispensables pour enclencher une dynamique plus pérenne de développement économique.


