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Numérique : la Région veut capitaliser sur 1,4 milliard d’euros de chiffre d'affaires

Ecrit par T.L. – le jeudi 19 février 2026 à 07H30
Signature du contrat de filière numérique de la Région le 18 février 2026.

La collectivité a présenté et signé son contrat de filière numérique 2026-2028, un accord qui doit structurer un secteur pesant 3500 emplois à La Réunion et devant faire face à des enjeux stratégiques, y compris de souveraineté territoriale.

Si le premier contrat de filière numérique signé en 2020 sous la précédente mandature n’a semble-t-il pas marqué les mémoires vives, l’importance que revêt ce secteur dans la vie économique et son poids dans le fonctionnement de la société n’ont cessé de croître depuis.

Au point qu’une nouvelle mouture s’imposait aux yeux de la Région, laquelle a présenté et signé ce mercredi 18 février au Moca (Saint-Denis) son contrat filière numérique 2026-2028, en présence notamment de Réunion THD, de Digital Réunion, de France Travail et de Solidarnum, une association vouée à l’inclusion numérique dans une île où 20% de la population se trouve en situation d’illectronisme, c’est-à-dire dans l’incapacité d’utiliser les outils numériques.

L'urgence d'un nouveau câble sous-marin

Des outils et des interfaces qui sont pourtant incontournables aujourd’hui, dans les entreprises, les collectivités ou les démarches administratives du quotidien. Une prédominance qui dépasse de très loin le seul secteur de l’économie numérique dans l’île, lequel représente 1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires pour 1500 entreprises, 3500 salariés et 900 déclarations d’embauche par an selon France Travail.

Le contrat de filière numérique 2026-2028 doit, selon la Région, « favoriser l'imbrication de la recherche, de l'innovation et l'économie » et développer « une vision commune avec un certain nombre d'engagements réciproques ». Parmi les actions qui devront être entreprises figurent l’accompagnement de 10.000 usagers dans l’appropriation de l’outil numérique, la création d’un salon international du numérique ou encore l’élaboration d’une stratégie numérique écoresponsable.

Lire aussi : Digital Réunion sort du fénoir

« Nous avons aussi un enjeu sur la protection de notre territoire », a soulevé Normane Omarjee, le président de Réunion THD, en évoquant le projet de nouveau câble sous-marin porté par la Région via des fonds européens. Il manquerait désormais 6,5 millions d’euros pour boucler le tour de table et l’État se montrerait, semble-t-il, réticent pour ajouter au pot. La protection de l’accès aux données numériques et le vieillissement du câble Safe imposent pourtant une réponse urgente.

Un comité régional de la donnée et de l’intelligence artificielle

Les entreprises du secteur du numérique affichent de multiples facettes, à l’image de Emmaüs Agame dont les ateliers du Port sont spécialisés dans la remise à neuf de smartphones d'occasion (il s'en vend presque 200.000 neufs par an à la Réunion), ou dans l’effacement des données sensibles sur les anciens outils professionnels des entreprises.

Antoine Devasle, co-président de Digital Réunion, explique que pour son association « l'ambition est de devenir le guichet unique pour la filière qui dispose d'un code APE ». Selon lui, le contrat de filière numérique fait aussi preuve d’intelligence lorsqu’il aborde le sujet de l’IA, puisqu’il établit de « travailler d'abord sur la donnée pour partir ensuite sur une stratégie commune ». Un comité régional de la donnée et de l’intelligence artificielle sera nommé afin de garantir les principes d’éthique et de sécurité de l’usage et de la collecte des datas, avant de déterminer à quel usage ces données seront vouées, que ce soit au sein des collectivités ou dans le secteur privé.

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