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« Nos enfants sont harcelés et les adultes regardent ailleurs »

A l'initiative de l'association EPA et du collectif Stop VIF, des parents et des enfants ont témoigné de leurs souffrances devant des représentants du rectorat et de la police nationale.
Ecrit par Thierry Lauret – le samedi 14 octobre 2023 à 14H19
Parents et enfants ont témoigné de leurs souffrances et de leur sentiment d'abandon face au harcèlement scolaire.

« Personne n'a vu, personne n'a entendu, personne ne sait : le silence est total. Nos enfants sont harcelés et les adultes regardent ailleurs ». Karine, mère d'une collégienne âgée de 13 ans, résume ainsi ce qu'une large majorité de parents d'enfants victimes de harcèlement scolaire ressentent lorsqu'ils s'adressent à l'administration ou à la justice.

La scène s'est déroulée mercredi soir, à la salle Candin de Saint-Denis, lors d'une réunion rassemblant parents, enfants, enseignants et représentants du rectorat et de la police nationale. Une première sans doute dans l'île, qui confirme que la société civile s'est emparée d'un problème qui semble dépasser les autorités concernées.

L'initiative, qui émane de l'association EPA (Ecoute-moi, Protège-moi, Aide-moi), du collectif Stop VIF (violences intrafamiliales) - Protégeons nos enfants et de la PEEP (fédération des Parents d'élèves de l'enseignement public), a aussi attiré l'attention du député Frédéric Maillot et de la sénatrice Audrey Bélim.

« L'un de mes premiers courriers après mon élection à l'Assemblée a été à l'attention de Pap N'Diaye pour demander l'obtention d'un comité départemental de protection de l'enfance à La Réunion », souligne Frédéric Maillot, un ami d'Audrey Coridon, référente du collectif Stop VIF - Protégeons nos enfants.

A elles trois, avec Jessie Yong Peng, la présidente de l'EPA et Isabelle Poncharville, la présidente de la PEEP, ces bénévoles ont réussi à rassembler près d'une centaine de personnes pour tenter d'apporter, si ce n'est des réponses, au moins du soutien aux personnes qui se sentent écrasées par le poids de la souffrance et de l'isolement.

« Les enfants aiment bien se balancer des petites vannes, mais c'est ce petit jeu qui parfois peut dégénérer », avance un enseignant, qui assure que dans son établissement, un cas de harcèlement s'est soldé par l'exclusion du harceleur après seulement une semaine de procédure.

Le rectorat confirme devant des parents peu convaincus que « l'objectif, c'est d'apporter des réponses les plus rapides », mais ce sont surtout des témoignages du mépris avec lequel ils ont été traités qui émanent des mères et pères de famille présents.

Selon les organisateurs, un suivi va être mis en place pour toutes les situations de harcèlement scolaire qui ont été portées à connaissance lors de la réunion. Pour rappel, le gouvernement a mis en place un numéro vert "Non au harcèlement" au 3020.

Etiquettes : Harcèlement scolaire

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