Nathalie Bassire explique pourquoi elle a voté contre l'inscription de l'IVG dans la Constitution

C'est la seule députée du groupe LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) à avoir voté contre : alors que l'Assemblée nationale a fait le plein d'élus mardi 30 janvier pour légiférer sur la consitutionnalisation de l'avortement en France, un sujet consensuel, la Réunionnaise Nathalie Bassire a tenu à marquer sa différence en rejoignant le camp très minoritaire des opposants à la loi.
"Le vote d'hier montre bien que, véritablement, la loi Veil n'est mise en danger par aucun parti, ni aucune majorité en France", avance en préambule la députée du Sud de l'île, en faisant bien sûr référence au raz-de-marée en faveur du projet de loi, qui a recueilli 493 voix pour, 30 contre et 23 abstentions. Mais aussi au fait que même le RN (49 pour, 12 contre, 14 abstentions) et les Républicains (40 pour, 15 contre, 4 abstentions), deux partis très conservateurs sur les questions sociétales, n'ont pas souhaité se singulariser.
Fidèle à son positionnement sur le sujet, Nathalie Bassire martèle qu'il "faut mettre de côté la religion" lorsqu'on se prononce sur la question de l'IVG. "Depuis la loi Veil, il n'y a jamais eu de remise en cause de la légitimité de la femme à procéder à l'acte d'avortement. Mais si dans la loi Veil il y a bien des mentions pour respecter la clause de conscience des professionnels, on entend des féministes remettre en question cela aujourd'hui", expose Nathalie Bassire.
Selon elle, certains médecins en France considèrent déjà que le délai maximal autorisé de 14 semaines pour recourir à une intervention chirurgicale est trop élevé. La députée de la 3e circonscription dit craindre que la constitutionnalisation du droit à l'IVG n'ouvre la porte à l'adoption de textes rallongeant encore ce délai.
"Je suis une femme, je veux disposer de mon corps comme je veux. Par contre, je veux qu'on parle d'un point de vue scientifique. Et scientifiquement, à 14 semaines, on a des mains et des pieds", avance la députée, qui poursuit : "Je trouve qu'il y avait un équilibre dans la loi Veil, où il y a le respect du droit des femmes, mais aussi le respect de la vie à naître".
Pour Nathalie Bassire, il serait opportun de poursuivre le débat, mais sous l'angle masculin cette fois. "Peut-être que je penserais à une loi qui touche plus les hommes que les femmes", se livre la députée.
Dans un communiqué, le député Philippe Naillet (Socialistes et apparentés) se félicite pour sa part du vote largement favorable et cite une autre égérie féministe, Simone de Beauvoir : "N’oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant".
La sénatrice Evelyne Corbière a elle aussi salué le vote, relevant que "le droit à l'IVG doit être un droit inaliénable à chaque femme de ce pays, chaque femme du continent, chaque femme du monde. La France doit montrer l'exemple. Par cet acte, montrer son opposition au mouvement de recul du droit à l'avortement partout où il se trouve menacé".


