Autonomie de la Corse : Frédéric Maillot défend une "émancipation des peuples" dans "l'unité de La République"

Après l'adoption mardi en première lecture par l'Assemblée nationale du projet de loi constitutionnelle créant un statut d'autonomie pour la Corse, le député de la 6e circonscription de La Réunion, Frédéric Maillot, a salué sur les réseaux sociaux un texte qu'il estime porteur d'une meilleure prise en compte des réalités locales.
Parmi les sept députés réunionnais, six ont voté en faveur du projet de loi. Seul Joseph Rivière (RN) s'y est opposé.
Dans un message publié après le vote, Frédéric Maillot affirme avoir « pleinement soutenu et voté » le texte avec les parlementaires ultramarins du groupe GDR. Le député estime que plusieurs dispositions de la réforme trouvent un écho particulier dans les territoires insulaires.
« Nous nous rejoignons sur bon nombre de points compte tenu des caractéristiques géographiques, culturelles, notamment sur la valorisation de notre identité et de cette originalité que nous devons cultiver et apporter à la République et au monde », écrit-il.
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Une adaptation aux réalités locales
Le parlementaire met notamment en avant la possibilité offerte à la Collectivité de Corse d'adapter certaines règles aux spécificités locales.
Selon lui, le projet de loi répond également à des problématiques foncières auxquelles sont confrontés de nombreux territoires insulaires.
« Ce projet de loi répond également, en partie, à la nécessité de maîtriser le foncier et de lutter contre la spéculation sur les terres, dans un contexte insulaire où celles-ci échappent souvent aux populations locales », souligne-t-il.
Le texte adopté mardi 23 juin prévoit l'inscription dans la Constitution d'un statut d'autonomie pour la Corse, tout en maintenant les compétences régaliennes — justice, sécurité, défense, politique étrangère ou encore nationalité — sous la compétence exclusive de l'État.
« Sans remettre en cause l'unité républicaine »
Alors que la réforme suscite des critiques de la part d'une partie de la classe politique, Frédéric Maillot estime que l'autonomie envisagée ne constitue pas une remise en cause de l'appartenance de la Corse à la République.
« La demande d'autonomie n'est pas un abandon de la République, ni une stratégie de largage mais bel et bien une volonté démocratique d'émancipation des peuples pour des prises de décision au plus proche de leurs réalités, sans remettre en cause le principe de l'unité républicaine », affirme le député.
Un débat qui pourrait trouver un écho à La Réunion ?
La prise de position du député réunionnais intervient alors que la réforme corse nourrit déjà des interrogations sur les évolutions institutionnelles possibles dans d'autres territoires insulaires français.
À ce stade, rien de comparable à La Réunion. Un sondage présenté en 2022 par Cyrille Melchior faisait apparaître un fort attachement de la population au maintien du statut actuel, avec 89 % des personnes interrogées favorables au statu quo institutionnel.
L'adoption du texte à l'Assemblée nationale ne constitue par ailleurs qu'une première étape. Le projet doit encore être examiné par le Sénat avant un éventuel vote du Parlement réuni en Congrès, nécessaire pour toute révision de la Constitution.


