Après notre enquête sur la CNCCFP, le droit de réponse de la Région Réunion qui dénonce des "informations erronées"

À la suite de nos révélations dans notre article intitulé "Exclusif : la CNCCFP menace Huguette Bello, Emmanuel Séraphin et quelques autres maires d’inéligibilité", la Région Réunion a exercé son droit de réponse. Nous publions ci-dessous, dans son intégralité et sans aucune modification, le texte transmis à notre rédaction.
Le communiqué de la Région :
À la suite de la publication de votre article mettant en cause la campagne de communication relative au bilan de mi-mandat de la Région Réunion, il apparaît nécessaire d'apporter plusieurs précisions essentielles afin de rétablir les faits.
Le caractère orienté de votre article visant un certain nombre, et non la totalité, des conseillers régionaux candidats aux élections municipales, ne laisse aucun doute sur les choix partisans effectués.
Le principal argument de votre article repose sur une information erronée issue de questionnements de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques dans le cadre de la procédure contradictoire toujours en cours, selon laquelle la campagne de promotion du bilan de mi-mandat de la Région Réunion se serait poursuivie au-delà du 31 août 2025.
Cette affirmation est factuellement inexacte : l'ensemble du dispositif de communication a été déployé selon un calendrier arrêté et mis en œuvre en amont et sa phase active de diffusion s'est principalement déroulée entre juin et la mi-juillet 2025.
La campagne de communication sur le bilan de mi-mandat de la Région a pris fin bien avant le 31 août 2025. Son contenu n'a fait l’objet d’aucune diffusion, amplification ou prolongation au-delà de cette échéance. En conséquence, cette campagne n’a pas enfreint les règles du code électoral.
Si des affiches d’habillage de bus qui avaient été apposées en juin ont pu être observées sur certains bus au-delà du 31 août 2025, cette situation résulte exclusivement d’aléas techniques liés aux opérations de dépose, lesquelles avaient été engagées dès la mi-août. Elle n’a impliqué aucun choix ou décision délibérée de la collectivité de maintenir cette campagne au-delà de son terme. Au demeurant, ce retard n’a concerné qu’un nombre marginal de véhicules.
Par ailleurs, outre le fait que la campagne de bilan de mi-mandat conduite par la Région Réunion s’est déroulée avant le 1er septembre 2025, elle s’inscrivait dans une démarche classique de communication institutionnelle visant à informer les citoyens des réalisations engagées à mi-parcours du mandat. Cette démarche de restitution et de transparence relève de l'exercice normal des compétences de communication d'une collectivité territoriale.
Ainsi, les contenus diffusés ont relevé exclusivement de l'information institutionnelle. Ils présentaient des actions concrètes et des politiques publiques effectivement mises en œuvre.
La réalisation d'un bilan de mi-mandat constitue une pratique courante et reconnue des collectivités territoriales. De nombreuses collectivités, à La Réunion comme au niveau national, ont conduit sur la même période des démarches similaires afin de rendre compte de leur action à mi-parcours du mandat.
En définitive, cette campagne démarrée en juin, déployée principalement sur les mois de juin et juillet et achevée avant le 31 août 2025, relevait d'une démarche de communication institutionnelle habituelle et a été menée dans le strict respect du cadre juridique applicable. Rien ne permet de soutenir que la Région Réunion aurait contrevenu aux dispositions du Code électoral et plus particulièrement aux règles applicables en période préélectorale.
Enfin, bien que ce point soit sans lien évident avec les interrogations évoquées par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, votre article critique également le coût supposé du magazine régional consacré au bilan de mi-mandat.
Là encore, l’analyse repose sur des informations erronées. Les données contractuelles et financières mentionnées sont inexactes et conduisent à une présentation manifestement faussée du coût réel d’impression et de distribution de cette publication. La collectivité ne peut que regretter la diffusion d’informations erronées, de nature à induire les lecteurs en erreur sur la réalité des dépenses engagées, lesquelles sont sans commune mesure avec les montants avancés dans votre article.
En réalité, l’impression du magazine de bilan a coûté 256.746 euros et sa distribution, auprès des foyers réunionnais de toute l’île, 78.934 euros.
En tout état de cause, ce coût n’a pas vocation à être intégré à un quelconque compte de campagne, dès lors que le magazine régional a été distribué du 30 juin 2025 au 11 juillet 2025, soit bien avant l’ouverture de la période de réserve électorale.


