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Miel Vert : aux machines à pince, “quand on s'acharne à attraper une peluche, on ne pense à plus rien d'autre”

Ecrit par P.B. – le samedi 4 janvier 2025 à 17H04
"Les gens ont besoin de s'amuser" livrent Willy Sirvain et sa femme Muriel


Elles sont parmi les stars de la fête. Adulées ou haïes, aucune fête foraine ne se tient sans elles. Les machines à pince ne laissent personne indifférent. Elles procurent leur lot d’“émotions”, confie Willy Sirvain. Ce forain, de père en fils, a installé ses machines comme chaque été à Miel Vert. Pas d'arnaque, ni de secret, seulement "une certaine dextérité", assure-t-il.

Une fois la pièce avalée par la machine, chacun adopte sa propre technique. Certains manient le joystick sans se poser de questions, d'autres y vont par à-coups ou encore calculent les meilleures trajectoires. Une fois la pince positionnée, elle descend, plonge dans l'amas de peluches, en ressort avec une qui finit souvent par tomber avant d'atteindre la sortie. "Immanquablement", diront les rageux. Les machines ne seraient-elles pas réglées pour empêcher toute bonne prise ?

“Un reportage, diffusé il y a quelques années, qui prétendait que les forains règlent les machines, nous a fait beaucoup de mal”, dénonce Willy Sirvain, propriétaire de plusieurs machines à pince. “C'est comme pour les garagistes : ce n'est pas parce que certains sont des arnaqueurs que tous le sont”, rétorque-t-il en désignant Maël, 11 ans, la bouche pleine de chichis et les bras chargés de peluches, comme preuve de sa bonne foi.

“Sur une île, si les gens ne gagnent pas, ils arrêtent rapidement de jouer”, fait valoir le forain. “L'idée, c'est de fidéliser une clientèle, et pour cela, il faut que les gens jouent et gagnent.”

Des machines à pince "intergénérationnelles"

C’est le concept qu’a introduit le père de Willy en 1986, lorsqu’il est venu s’installer avec sa famille à La Réunion. “J'avais 11 ans”, se rappelle Willy, qui tenait déjà, à l’âge de 8 ans, un stand de pêche surprise pour les enfants.

Pour Willy, même s’il est devenu sédentaire en s’installant à La Réunion, être forain, “c'est avant tout un état d'esprit”. “La joie, ce n'est pas quelque chose qui se monnaie. Le divertissement, c'est le cœur de notre métier”, résume-t-il comme un crédo. Un métier qui, selon lui, a de l’avenir. “Les gens voudront toujours tenter leur chance aux jeux, et il y aura toujours des choses à gagner.” Des peluches, bien sûr, car pour ce père de famille, ce sont “les meilleurs doudous pour les enfants”.

“Tout le monde joue, c'est intergénérationnel. Si on ne joue pas pour faire plaisir aux enfants, on le fait pour retrouver un peu de son enfance”, analyse le forain, tandis qu’un grand-père tente de décrocher un nounours pour sa petite-fille.

“Et puis, quand on s’acharne à attraper une peluche, on ne pense plus à rien d’autre, on oublie ses soucis. Quand on gagne, on est content. Quand on perd, on vit aussi une certaine émotion”, s’amuse Willy. “D'ailleurs, on connait tous dans notre entourage un mauvais perdant”.

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