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Meurtre de Dominique Talbot : l'accusé livre des détails lacunaires

Ecrit par Lucas Candessoussens – le mardi 28 octobre 2025 à 18H31

Deuxième jour de procès pour Mathis Blaya, suspecté d'avoir tué Dominique Talbot en 2022 au Tampon. Lors de cette audience, une large partie a été consacrée à la prise de parole de l'accusé. Récit.

Son mètre 90 n'a pas empêché Mathis Blaya d'apparaître hésitant, la tête baissée et jouant nerveusement avec ses doigts face à la cour d'assises de Saint-Denis. Mal à l'aise, c'est le terme que l'on pourrait employer en l'écoutant répondre aux questions de la magistrate en cette matinée du 28 octobre.

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Pour rappel, le jeune homme est accusé d'avoir, en septembre 2022, tué son ancienne propriétaire à coups de couteau. En toile de fond, Mathis Blaya souhaitait dérober la carte bleue de la retraitée.

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Un jeune homme face à ses responsabilités

Avant de s'intéresser à la nuit du drame, les magistrats de la cour d'assises ont étudié le parcours du jeune homme. Très vite, ce dernier se décrit comme un travailleur acharné : mais, selon ses mots, n'ayant pas connu de cadre autoritaire, il est « un autre homme » en dehors du boulot.

Ce qu’il ressort principalement de son témoignage, c’est son addiction aux drogues. Pour financer son train de vie, il évoque quelques petits vols, « une manie » selon lui. Parmi les victimes, son propre frère. Dominique Talbot, elle, était une cible privilégiée pour lui. Avant le meurtre, il explique lui avoir dérobé plusieurs billets de 50 euros, deux de ses cartes bleues pour faire de petits achats ou encore des chèques signés afin de les encaisser à sa guise.

Un besoin constant d'argent pour financer son train de vie : achat de drogues, soirées en boîte de nuit, consommation d'alcool… Il explique, notamment sur les stupéfiants, avoir contracté des dettes auprès de ses fournisseurs.

Mais quand ces derniers viennent recouvrer leur dû, c'est chez Dominique Talbot qu’ils sonnent. Mathis Blaya explique que cette dernière a versé 2 000 euros en liquide pour l’éponger, sans savoir que c'était pour de la drogue. Une aide bienveillante, malgré les tensions croissantes entre la propriétaire et le locataire.

À partir de là, Mathis Blaya devait de l'argent à la future victime. Une reconnaissance de dette a même été signée. Or, quand on examine les comptes, l'accusé n'était pas à plaindre niveau financier : un salaire de 2 200 euros, plus que la retraite de Dominique Talbot, et surtout un loyer d'à peine 350 euros…

Or, le jeune homme explique que tout son argent était aspiré par sa consommation de drogues. Peu avant les faits, Dominique Talbot avait déposé une plainte pour vol, après une dispute avec Mathis Blaya qui en serait venu aux mains. C'est dans ce contexte que le jeune homme décrit leur relation : ils ne s'aimaient pas.

Selon lui, elle avait tendance à trop s'immiscer dans sa vie, assurant même qu'elle « fouillait dans ses affaires ». Une colère qui n'a cessé de croître, avant d'exploser le jour des faits.

Le récit glaçant d'une nuit d'horreur

Ainsi, on aborde peu à peu le récit de la nuit du 1ᵉʳ au 2 septembre. Dans la journée, Mathis Blaya explique que la situation était catastrophique pour lui : il venait de perdre son emploi et la banque avait prélevé plus de 2 000 euros de son compte pour rembourser Dominique Talbot.

C'est ainsi qu'après une prise de stupéfiants, il décide de cambrioler le domicile de son ancienne propriétaire pour subtiliser sa carte bleue. De manière indécise, il explique s'être introduit chez elle, cherchant en vain du liquide. Puis, surpris par la retraitée, les choses ont dégénéré.

Selon ses mots, la retraitée aurait commencé à l'invectiver, le traitant de « petit connard ». Dans sa tête, il bouillonne de rage. Alors, il aperçoit un couteau, s'en saisit et la menace avec. Mathis Blaya relate à la barre comment il la roue de coups, la forçant à reculer dans la chambre.

À la barre, il relate que Dominique Talbot continuait de le provoquer malgré la présence du couteau : « Vas-y, tue-moi ! », aurait-elle dit. En colère, frustré, le jeune homme passe alors à l'acte, la rouant de coups de couteau et « visant le cou ». Un récit insoutenable pour certains membres de la famille, qui préfèrent quitter la salle pendant un bref moment.

Mathis Blaya dit s'être arrêté après s'être aperçu du sang qui maculait la pièce. Apeuré, il a alors pris la poudre d'escampette pour balancer le couteau dans un caniveau, avant de laver son pull couvert de sang.

Corrélation entre le vol et le meurtre

Après l'exposé des faits par l'accusé, des zones d'ombre demeurent. Comme le souligne l'avocat général lors de son interrogatoire de Mathis Blaya, le portable de Dominique Talbot est introuvable et son fixe est sectionné, donc inutilisable. Sur ce point, le jeune homme assure n'y avoir pas touché.

Le ministère public soutient dans son interrogatoire qu'une corrélation entre le vol et le meurtre pourrait être établie ; avec cet élément, Mathis Blaya pourrait être condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Une piste qui sera sûrement étayée lors des réquisitoires.

L'après-midi a été consacrée à l'écoute d'experts, dressant un portrait plus détaillé de Mathis Blaya. Ainsi, l'expert en psychologie relève un fort niveau d'addiction à la drogue chez le jeune homme, addiction qui pourrait expliquer le passage à l'acte. Ne souffrant pas de troubles psychologiques, il est toutefois en proie à une forte émotivité et une personnalité antisociale.

La dernière journée de ce procès est réservée aux plaidoiries des avocats, et dans la journée, l'annonce du verdict.

Etiquettes : Le Tampon | Meurtre

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