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Meurtre de Dominique Talbot : un suspect motivé par l'argent, la drogue et la fiesta

Ecrit par Lucas Candessoussens – le lundi 27 octobre 2025 à 19H00

Ce lundi 27 octobre s’ouvrait à la cour d’assises de Saint-Denis le procès de Mathis Blaya. La vingtaine, l’accusé ne nie nullement les faits. La victime, une retraitée de l’armée, s’est vu infliger une dizaine de coups de couteau. Récit du premier jour d’audience.

Après plus de trois ans, le procès du meurtrier présumé de Dominique Talbot, septuagénaire retraitée de l’armée, s’ouvre à la cour d’assises de Saint-Denis. Pour rappel, en septembre 2022, son corps est retrouvé dans sa maison du Tampon, gisant dans une mare de sang. Après une investigation minutieuse menée par les gendarmes, un suspect est interpellé : Mathis Blaya.

D’entrée de jeu, ce jeune homme aux cheveux impeccablement coupés à ras et aux tatouages d’ailes d’ange dessinés sur le cou prend la parole en début d’audience. « Je reconnais les faits », répond l’accusé à la question de la présidente après le récit des faits.

Lire aussi : Un toxicomane jugé pour le meurtre crapuleux d’une retraitée de l’armée

Une mort « pire que la noyade »

Le premier expert entendu sur ces trois jours de procès est le médecin légiste ayant pratiqué l’autopsie sur le corps de Dominique Talbot. Outre la dizaine de coups de couteau que le docteur a pu distinguer, on note plusieurs blessures de défense. Cela corrobore le récit de l’accusé, qui explique que la nuit du 1er septembre, il s’est introduit chez son ex-propriétaire pour lui voler de l’argent.

Or, quand cette dernière se réveille et l’invective, il se saisit d’un couteau, fou de rage, et entame une lutte contre la victime. Puis c’est le trou noir : il se réveille le lendemain, les mains couvertes de sang. D’après l’intéressé, cette amnésie est due aux stupéfiants qu’il consomme régulièrement.

Concernant l’autopsie, l’avocat général presse l’expert de questions : dans un premier temps, il souhaite savoir si Dominique Talbot est morte sur le coup. Le médecin légiste explique que la mort n’est pas survenue dans les secondes suivant l’agression : la victime n’a pas été retrouvée sur son lit, mais au sol.

Un élément que souligne le légiste : effectivement, si l’accusé avait appelé les secours dans les secondes suivant l’agression, la victime aurait eu une mince chance de s’en sortir.

Ensuite, le ministère public confirme une croyance populaire auprès du médecin : celle de la mort par noyade, connue pour être une agonie particulièrement affreuse. Dans le cas de la victime, son agonie aurait été encore plus douloureuse.

Mathis Blaya en perpétuelle quête d’argent

Durant l’exposé d’une gendarme en charge de l’enquête sur le meurtre, on en apprend un peu plus sur la personnalité de Mathis Blaya et sa relation avec la victime, Dominique Talbot. Le jeune homme, dernier rejeton d’une famille sans histoire, n’a fait parler de lui que pour des délits mineurs en lien avec les stupéfiants.

De ce qui ressort de l’enquête menée auprès de ses proches, le suspect est décrit comme gentil et respectueux, aux premiers abords. Toutefois, quand on gratte un peu sous la surface, un certain narcissisme se dégage de lui, et surtout un problème avec l’autorité, ainsi qu’un amour de l’argent pour financer sa consommation de drogues et ses soirées alcoolisées en boîte de nuit.

Après un passage dans l’Hexagone, où il obtient un CAP et une formation de boulanger, il rentre à La Réunion afin de travailler et de rendre « fier » sa famille. Mais paradoxalement, il coupe les liens avec ces derniers, n’appelant ses parents que pour demander de l’argent.

Quand il fait la rencontre de Dominique Talbot au Tampon, c’est parce que la septuagénaire loue une chambre et un studio dans sa maison. Un partenariat avec la commune permet à des personnes à bas revenus d’avoir un toit sur la tête, la retraitée étant connue pour aider les personnes dans le besoin.

C’est ainsi que, pour une bouchée de pain (comparé aux prix des loyers qui ne cessent d’augmenter à La Réunion), le jeune homme devient locataire chez sa future victime. Très vite, leur relation se dégrade. Il lui emprunte de l’argent et elle, d’après Mathis Blaya, devient de plus en plus autoritaire.

Il aurait déclaré à certains de ses amis que Dominique Talbot était « gentille, mais casse-pied », l’empêchant de « faire la fête », et que si elle continuait à l’empêcher de tourner en rond, « il la tuerait ».

Pire, quelques semaines plus tard, Dominique Talbot porte plainte contre Mathis Blaya pour vol. Ce dernier avait pris quelques habitudes, comme voler du numéraire, utiliser la carte de sa propriétaire ou encore s’envoyer des chèques. C’est ainsi qu’il quitte le domicile de la retraitée.

Des zones d’ombre à éclaircir

Cela nous mène à la journée du 1er septembre, date établie du meurtre de Dominique Talbot. Mathis Blaya constate que son compte est débité de 2 500 euros, somme qu’il devait à la victime après avoir falsifié un chèque. La veille, le jeune homme s’est fait virer de son travail à cause des relations houleuses qu’il entretenait avec certains de ses collègues.

Dans la nuit, il aurait décidé de cambrioler son ex-propriétaire, et au final, Dominique Talbot sera retrouvée deux jours plus tard, gisant dans son propre sang. Il sera confondu par l’un des ouvriers effectuant des travaux chez la victime, qui a spontanément indiqué son nom aux gendarmes après la découverte du corps, ainsi que par un ancien locataire. Le bornage de son téléphone va également mener les enquêteurs à lui.

Toutefois, des zones d’ombre persistent : tout d’abord, le téléphone de la victime est introuvable. De même, le combiné de son téléphone fixe est retrouvé au sol, sectionné. Enfin, l’arme du crime n’a toujours pas été retrouvée.

Si Mathis Blaya reconnaît les faits, il est jusqu’à présent resté mutique face aux gendarmes. Durant les deux jours de procès restants, les proches et la justice espèrent lever les zones d’ombre qui entourent la mort de Dominique Talbot.

Etiquettes : Cour d'Assises

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