Les métiers cadres face au défi de la transition écologique

Les études réalisées par l'Apec ces deux dernières années tendent à le démontrer : si le phénomène reste encore loin de la lame de fond qui emporterait avec elle toute la société, la prise en compte des nécessités écologiques et environnementales semble pénétrer la sphère économique. En témoigne, selon l'Association pour l'emploi des cadres, « une dynamique de verdissement » des métiers impulsée à la fois par des législations plus contraignantes et par une volonté, prégnante chez les jeunes cadres, de rejoindre des entreprises avec lesquelles ils se sentent en accord sur le plan du respect des normes environnementales.
Selon un sondage Harris Interactive réalisé pour l'association Réveil écologique, « 70% des jeunes de 18-30 ans sont prêts à renoncer à une offre d'emploi si l'employeur ne prend pas en compte les enjeux environnementaux ». Une enquête citée ce mardi lors d'une matinale organisée par l'Apec au Hub de la Mare (Sainte-Marie) sur le thème du verdissement des métiers cadres.
Le verdissement des métiers s'emploie au sujet de postes qui ne semblent pas correspondre au premier abord à la nécessité de la transition écologique, comme certaines industries qui finissent, par choix économiques ou par nécessité réglementaire, voire par conviction, par limiter leur impact sur la planète.
De nouveaux métiers émergent aussi, comme celui d'ingénieur en efficacité énergétique, très recherché dans l'île actuellement paraît-il. D'où la nécessité, insiste l'Apec, de se former afin d'anticiper les changements qui traversent notre société.
« L'employeur doit être force de proposition »
« La formation continue est un enjeu que le cadre doit prendre en compte tout au long de sa vie, mais l'employeur aussi a son rôle à jouer », rappelle Marie Laure Collet, la présidente de l'Apec, de passage à La Réunion. « L'employeur doit être force de proposition pour aider ses cadres à évoluer sur ces métiers dits verts ou verdissants, puisque c'est un enjeu majeur pour la pérennité de l'entreprise d'amorcer cette transition écologique et environnementale très tôt. »
Dans le public composé de cadres présent à la matinale de l'Apec, certaines voix se sont toutefois fait entendre pour interroger la réalité de l'ampleur dans l'île du phénomène de verdissement des métiers. Une jeune femme a ainsi souligné sa difficulté à trouver un poste, malgré des diplômes en adéquation avec les nouvelles réglementations environnementales. Une autre estimant pour sa part que le verdissement des métiers ne concernait que les grandes entreprises, donc pas celles qui constituent l'essentiel du tissu économique local.


