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Les chroniques de Tonton Jules – L’air du temps

Petite piqûre de rappel : Menus et programmes dans l'temps lontan

Ecrit par Jules Bénard – le jeudi 04 juillet 2024 à 14H30

La représentante du Front National n’aura pas assez du reste de son existence pour se morfondre de son immense bévue. Dans son désir forcené de refaire de la France « la fille aînée de l’Église », elle oublie que nous sommes en république laïque ; si nous n’avons à favoriser aucune religion, nous ne devons en stigmatiser aucune non plus !

Que signifie ce « menu unique pour tous » ? Je traduis sa réponse ; réponse qu’elle ne fournira jamais : « Ceux qui n’aiment pas ça n’ont qu’à aller bouffer ailleurs ! » Ça c’est de l’humanisme.

Mon âge, respectable sans être canonique, me permet de rappeler aux jeunes générations un temps où on ne se posait aucune question.

A l’école primaire de la Rivir, Valère Clément, maire de Saint-Louis, avait pu monter une des toutes premières cantines de France. Cuisines ultra-perfectionnées avec trois bassines (riz, grains, cari) sur feu de bois dans la poussière. Pour le cari, l’édile avait obtenu le concours généreux de tous les bouchers et charcutiers de la commune qui donnaient volontiers leurs invendus… le zo, la peau, la graisse. Autrement dit, cari la viande dans lequel on aurait en vain recherché quelque viande que ce fût. Mais tel quel, grâce à l’ingéniosité de nos cantinières, c’était délicieux.

Menu unique, soit, mais le copain zarab Mohammed Balbolia déjeunait à quelques mètres de là dans sa famille.

Plus tard, au vieux lycée Leconte de Lisle, menu unique encore. Et  à l’internat, nous avions nombre de potes malbars et zarabs. Pas de boeuf pour les uns, de porc pour les autres ; cela ne nous gênait pas : nous raflions goulûment leur part de viande et leur laissions volontiers notre part de frites (délicieuses, au vieux lycée), de salade et de dessert. C’était dans l’ordre des choses.

Quand on se remémore l’état de ces cuisines, il n’y avait vraiment pas la place pour des menus différenciés : deux pièces avec une table en métal et trois ou quatre fourneaux autour, point.

Il en va tout autrement de nos jours (et c’est tant mieux) avec ces cuisines plus aseptisées que des blocs opératoires. Il y a largement de la place pour toutes les variations culinaires que l’on veut. Les plats sont présentés sur des étals où toutes les préparations sont bien séparées ; chacun se sert selon ses goûts et interdits divers. Les menus sont étroitement étudiés par des armées de professionnels de la santé. Des nutritionnistes, notion qui n’existait même pas à mon époque du vieux lycée.

Ces menus différenciés ne gênent personne, que je sache ; personne… sauf une candidate bourrée d’idées toutes faites, d’interdits religieux et adversaire avouée de la laïcité.

Pour ce qui était des programmes scolaires, dans cette France laïque d’alors, « l’instruction religieuse » était à notre programme : une heure par semaine et pas question de « bâcher » cette heure. Sauf pour les Zarabs et les Témoins de Jéhovah.

Il en allait de même à l’excellente Medersa de la rue Juliette-Dodu, établissement de haut niveau où allaient quelques fils de bonne famille (chrétiens) dispensés des cours de Coran.

Tout cela allait de soi parce qu’on ne nous avait jamais expliqué le sens de l’expression « république laïque » !

Des cours d’instruction religieuse en lycée ou collège, de nos jours, soulèveraient une levée de boucliers sans précédent.

Voilà ! C’était juste pour le plaisir de rappeler que tout n’a pas toujours été si clair et ordonné que maintenant.

À la prochaine !

Thèmes : CR | Jules Bénard
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