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Les agriculteurs manifestent à Saint-Denis pour la sauvegarde de leur production

Des représentants des filières de production agricole ont marché ce jeudi matin entre la préfecture et le Département, pour manifester leur désarroi face aux réglementations phytosanitaires et pour alerter sur leur inquiétude concernant la baisse de la ressource en eau.
Ecrit par T.L. – le jeudi 14 novembre 2024 à 12H12

Même s’ils n’étaient pas très nombreux, environ une centaine de personnes, les agriculteurs ont marqué leur solidarité ce jeudi 14 novembre face aux menaces qui pèsent sur leur production. La CGPER, la FDSEA et les JA, ainsi que la Coordination rurale étaient représentées dans le cortège qui a parcouru sous le soleil le trajet entre la préfecture et le Département.

« L’ensemble des organisations de producteurs est là », assure Yannick Soupapoullé, secrétaire général de l’Association interprofessionnelle des fruits et légumes (Arifel). Dans les rangs des manifestants, les discussions entre les agriculteurs tournent autour des produits phytosanitaires : des réglementations environnementales de plus en plus contraignantes les contraignent à restreindre leur utilisation.

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« On ne pourra jamais nourrir la population avec des produits bio », estime une agricultrice, en évoquant la baisse de production que provoque la limitation de l’usage des pesticides. « On nous a promis qu’il n’y aurait pas de retrait des molécules sans alternative, le gouvernement doit compenser les pertes des agriculteurs », poursuit un autre.

« Les cultures d'ananas sont remplies de fourmis et de cochenilles et on ne peut rien faire. C'est une culture qui demande beaucoup d'eau et on en manque, alors les agriculteurs baissent les bras », déplore un producteur, tandis que le président de la FDSEA Stéphane Sarnon souligne que la production locale constitue un frein à la hausse des prix des fruits et légumes d’importation. Le 26 novembre, il ira déposer une motion au ministère de l’Agriculture afin de plaider pour une « dérogation spécifique » pour notre île qui n’a pas « le même climat qu’en Europe, pas le même sol et pas les mêmes surfaces d’exploitation ».

Devant la préfecture, la sénatrice Audrey Bélim est venue apporter son soutien en soulignant elle aussi que « le système de protection de nos agriculteurs n’est pas adapté » aux spécificités de La Réunion.

« Très peu de personnes meurent à cause des produits phytosanitaires, mais les gens sont focus dessus et oublient qu’on meure bien plus de la pollution ou du tabac », avance Yannick Soupapoullé.

A leur arrivée au Département, les manifestants avaient prévu de remettre une motion commune à Bruno Robert, en l’absence du vice-président Serge Hoareau.

Etiquettes : Agriculture

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