Législatives : Les candidats du Nouveau Front populaire unis pour faire barrage au Rassemblement national

En préambule, Huguette Bello a exprimé son inquiétude quant à la montée de l'extrême droite. "Dans sept jours, l'extrême-droite pourrait accéder au pouvoir en France. Comment la France, patrie des Droits de l'homme, pourrait-elle basculer dans le nationalisme et le racisme ? Ce danger doit être écarté", a-t-elle déclaré.
La présidente de Région a souligné la "gravité" de la situation actuelle, exhortant chacun "à prendre ses responsabilités". Elle a condamné la "banalisation de l'extrême-droite", qualifiant cette attitude de "posture irresponsable" qui pourrait avoir de graves conséquences. Pour Huguette Bello, l'enjeu est de barrer la route du pouvoir au RN en l'empêchant d'atteindre la majorité absolue. "Le désistement républicain doit s'appliquer partout et il ne doit souffrir d'aucune ambiguïté. C'est un enjeu national" mais aussi local, a-t-elle affirmé.
"Cette victoire du NFP à La Réunion valide notre stratégie d'union"
Les résultats du premier tour montrent une nette domination de la gauche à La Réunion à l'issue de ce premier tour puisque les candidats du NFP sont en tête dans quasiment toutes les circonscriptions de l'île. Les candidats du Nouveau Front populaire ont obtenu un total de 108.229 voix, contre 81.189 pour ceux du RN. En comptabilisant les autres candidats de gauche, l'écart se creuse davantage. "Cette victoire du NFP à La Réunion valide notre stratégie d'union", argue Huguette Bello, qui appelle les électeurs réunionnais à soutenir les candidats du NFP, les seuls selon elle à porter un programme de gauche axé sur le pouvoir d'achat et d'une nouvelle orientation économique. Au contraire du RN, dont elle estime que les politiques sont "encore plus régressives que celles d'Emmanuel Macron".
"Le RN menace les libertés publiques et la diversité culturelle. Le vivre-ensemble réunionnais serait directement menacé", a averti la présidente de Région. Un avis partagé par Jean-Hugues Ratenon qui assure que le vote RN "est contraire à nos valeurs et à notre histoire". "C'est renier qui nous sommes" enfonce le député sortant de la 5ème circonscription. De son côté, Karine Lebon, candidate dans la 2ème circonscription, craint qu'une arrivée au pouvoir du RN "libère une parole de haine décomplexée". "Le RN est contre les minorités, les femmes et les membres de la communauté LGBTQIA+. Un vote RN est parfois un vote de sanction, mais aussi l'occasion de laisser libre cours à des idées de haine et de division".
La "posture idéologique" du RN en matière d'économie pointée du doigt
Les candidats du NFP affirment être les seuls à défendre les spécificités réunionnaises. Comme Perceval Gaillard, candidat dans la 7e circonscription, qui a rappelé son combat pour l'introduction de l’hindouisme à la circulaire FP901 du 23 septembre 1967. "Nous-mêmes, on a mené un combat par rapport à l'hindouisme, pour faire reconnaître un certain nombre de minorités. C'est un combat que ne mèneront pas, et que même combattront, les députés du Rassemblement national s'ils arrivent au pouvoir, puisqu'ils sont totalement extrêmement réactionnaires", affirme le député sortant insoumis.
Alexis Chaussalet, candidat dans la 4ème circonscription, rejoint Perceval Gaillard sur cette prise en compte des spécificités Outre-Mer. "Nous sommes les seuls à avoir un volet outre-mer précis comme le principe de faveur des ultramarins sur les postes à responsabilité ou encore le retour des fonctionnaires d'État dans les territoires ultramarins", indique-t-il. Ce dernier ne s'est pas prié pour pointer la "posture idéologique" du RN en matière d'économie en citant pour exemple la dernière réforme des retraites. "(Le RN) est tour à tour passé de 60 ans, 62 à 64 pour en arriver à 66, espérons que la campagne s'arrête là parce que sinon peut-être que demain, ça sera 68 ou 70 ans", clame-t-il.
Faire barrage au RN "jusqu'au bout"
Présent à ce point presse, Philippe Naillet - membre de la Plateforme réunionnaise conduite par Ericka Bareigts - a de nouveau affirmé que le RN "n'était pas un parti social, mais antisocial". "Lorsque nous, députés de gauche, avons proposé l'augmentation du SMIC, pas à 1.600, mais à 1.500 euros ou encore la taxation des grandes rémunérations, le Rassemblement national a joint ses voix à celles des députés de la Macronie", tient à rappeler le député sortant (PS) de la 1ère circonscription. Il dit croire dimanche prochain "en la grande sagesse" des électeurs "pour qu'il n'y ait pas un seul député du Rassemblement national ici à l'arrivée".
Patrick Lebreton, leader du Progrès 974, appelle à "batailler jusqu'au bout" pour faire barrage au RN, évoquant le second tour des élections présidentielles de 2002. "Vous croyez que cela avait été simple pour moi, jeune maire de Saint-Joseph, de faire pour Jacques Chirac ? Et pourtant, nous, on a fait ce barrage au Front national", se souvient le maire de Saint-Joseph, qui souhaite un "Grand Chelem" au soir du 7 juillet.
Emmanuel Séraphin, secrétaire général du PLR, exhorte aussi bien les responsables politiques que les électeurs d'autres obédiences à se mobiliser massivement en faveur des candidats du NFP. "La droite doit aussi se mobiliser et se positionner dans le débat, surtout ici à La Réunion, et appeler à faire gagner les candidats républicains du Nouveau Front Populaire. Ceux qui ont des responsabilités politiques doivent appeler clairement à voter pour les candidats du NFP", conclut-il.


