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Législatives : Huguette Bello dénonce l'accord partiel à gauche et appelle à l'union

Au lendemain de l'annonce d'un accord partiel concernant les candidatures pour les législatives anticipées à La Réunion, Huguette Bello, présidente de la Région Réunion, accompagnée de cinq députés et du secrétaire général de PLR, Emmanuel Séraphin, a lancé un appel pressant à l'union de la gauche, sous la bannière du "Nouveau Front Populaire".
Ecrit par S.I. – le jeudi 13 juin 2024 à 20H42
Photo d'archive

Un accord partiel jugé "absolument déraisonnable"

Lors de la réunion qui s'est tenue au siège du Territoire de l'Ouest (TO), un accord pour une candidature unique par circonscription n’a été trouvé que pour trois des six députés sortants de l'ex-NUPES (la 1ère, la 2nde et la 7ème circonscriptions). Huguette Bello a critiqué cet accord, qu'elle considère "absolument déraisonnable" pour La Réunion. Elle souligne que, malgré les dissensions internes à la NUPES au niveau national, un accord a été trouvé. Elle s'interroge donc sur l'incapacité de parvenir à un accord similaire à La Réunion. "Nous avons six députés sortants et ces six députés doivent être reconduits", a-t-elle insisté.

Législatives : La demi-union de la gauche réunionnaise

Huguette Bello a rappelé la gravité de la situation actuelle, tant au niveau national qu'à La Réunion. "L'heure n'est pas aux divisions", a-t-elle affirmé, appelant à l'unité et à un accord global. Selon elle, cet accord partiel repose sur des arguments "fallacieux" et constitue une "injure" au travail des six députés sortants. Elle appelle les Réunionnais à soutenir les six députés et Alexis Chaussalet, le candidat proposé par son mouvement dans la 3ème circonscription.

Un appel à l'unité "et à la responsabilité"

Face à l'abstention massive lors des dernières élections européennes, Huguette Bello a souligné l'importance de la participation électorale. Elle a rappelé les luttes historiques pour le droit de vote, notamment pour les femmes. "C'est bien malheureux que nous n'allions plus voter" a-t-elle déclaré, exhortant les Réunionnais à exercer leur droit de vote pour lutter contre la pauvreté et les inégalités. Elle a mis en lumière les défis sociaux persistants à La Réunion, comme les "300.000 personnes vivant dans la pauvreté", les "120.000 enfants sous le seuil de pauvreté" et les "40.000 personnes en attente d'un logement".

Emmanuel Séraphin, présent à ce point presse, a également critiqué l'accord partiel, le qualifiant d'"hallucinant". Il a dénoncé la discrimination entre les "bons" et "mauvais" députés et a appelé à un retour à la raison pour une campagne sereine. "Pourquoi quelqu'un qui fait partie d'un parti national n'appliquerait pas cet accord au niveau local ?", s'est-il interrogé.

Un besoin d'accord global

Patrick Lebreton, leader du Progrès 974, a également insisté sur la nécessité d'un accord global, rappelant les succès de l'union populaire lors des législatives de 2022. "Nous ne pouvons pas prendre des risques pour sauver la démocratie et ne pas perdre un seul poste de député", a-t-il déclaré, ajoutant que le combat contre Emmanuel Macron doit être "total et pas partiel".

Huguette Bello a conclu en appelant à un "vote de la raison" et à l'unité autour des six députés sortants et du candidat de la 3ème circonscription, Alexis Chaussalet.

"Aucune voix ne doit manquer à l'Assemblée nationale pour pouvoir faire basculer la majorité dans notre camp", plaide le député sortant de la 5e circonscription, Jean-Hugues Ratenon. Candidat à sa réélection, ce dernier pense deviner "le blocage" de la plateforme d'Ericka Bareigts sur certaines circonscriptions, dont la sienne. "Quelques membres de la plateforme (NDLR: d'Ericka Bareigts) étaient complices de la Macronie et restent toujours complices. Mais si la volonté du peuple est de tourner la page de la Macronie, à La Réunion nous devons être vigilants et ne pas faire le contraire", assure-t-il.

Candidat également à sa réélection dans la 6e circonscription, Frédéric Maillot, estime que ce n'était pas l'heure de changer "la feuille de match" pour continuer la bataille "contre le macronisme et l'extrême-droite qui est aux portes du pouvoir". Il en profite par ailleurs pour démentir les accusations du camp d'en face sur le fait qu'il serait en campagne pour les prochaines municipales dans le chef-lieu. "Je suis braqué que sur une seule chose depuis deux ans, c'est de bien faire mon travail de député. Les chiffres parlent pour moi, j'ai déposé plus de 160 amendements (...) Je n'ai pas eu le temps de tergiverser à droite et à gauche sur quelconque élection", martèle Frédéric Maillot.

Également visée par de prétendues velléités municipales à Saint-Pierre, Emeline K/Bidi, candidate dans la 4e circonscription, a du mal à cacher son incompréhension. "L'heure n'était pas à la négociation, ni des municipales, ni des régionales, ni d'un quelconque autre scrutin", tient-elle à préciser. Pour la députée sortante, soit la plateforme menée par Ericka Bareigts "défend le maire LR de Saint-Pierre et donc la droite macroniste", soit cette plateforme "s'est trompée de combat".

Seul candidat en lice n'ayant pas de mandat à l'Assemblée nationale, Alexis Chaussalet a été choisi par la plateforme d'Huguette Bello pour représenter les couleurs du Nouveau Front Populaire dans la 3e circonscription. Il compte bien créer la surprise face à la députée sortante Nathalie Bassire (LIOT), dans une circonscription généralement dévolue à la droite.

 

(Photos et vidéos : Baradi Siva)

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