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Législatives : La demi-union de la gauche réunionnaise

Les plateformes de la gauche réunionnaises se sont rencontrées mercredi soir au siège du TO pour émuler l’union nationale des forces de progrès signée en vue des élections législatives. Un accord pour une candidature unique par circonscription n’a été trouvé que pour trois des six députés sortants de l'ex-Nupes.

Ecrit par Baradi Siva – le jeudi 13 juin 2024 à 06H08

L’union sacrée n’aura pas été réussie à La Réunion en vue des élections législatives anticipées où le Rassemblement national menace de se rapprocher du pouvoir. Les plateformes de gauche se sont réunies mercredi soir pour discuter d’une union pour le premier tour des législatives.

L’accord obtenu n’est que partiel et ne concerne que trois circonscriptions. Les députés sortants, Philippe Naillet (1ère), Karine Lebon (2e) et Perceval Gaillard (7e) sont les seuls qui seront soutenus communément par la plateforme d’Huguette Bello et celle d’Ericka Bareigts.

Emeline K/Bidi (4e), Jean-Hugues Ratenon (5e), Frédéric Maillot (6e) qui se sont déclarés comme candidats n’obtiennent pas le soutien du camp Bareigts qui les accuse de déjà travailler depuis des mois en vue des Municipales 2026 et de ne donc pas être totalement concentrés sur le poste de député.

C’est là un non-débat pour l’équipe d’Huguette Bello qui souhaite s’atteler uniquement à l’échéance électorale des prochaines semaines. Elle refuse d’évoquer les Municipales pendant les négociations du jour. Aborder le sujet durant la pré-campagne des Législatives risquerait d’être vu comme trop électoraliste.

Une réunion qui tourne court

Il est 21 heures lorsque les élus quittent au compte-goutte le siège du Territoire de l’Ouest. La rencontre entre les deux plateformes de gauche n’aura duré qu’une heure et demie. Lorsque les négociations se terminent aussi rapidement, c’est généralement de mauvais augure. Preuve en est ce mercredi avec la signature d’un accord au crayon.

À noter aussi des absences remarquées, celles d’Huguette Bello (PLR) et de Patrick Lebreton (Progrès 974), déplorées par Ericka Bareigts.

Les discussions ont été difficiles à organiser, notamment à cause du passage de la flamme olympique. La réunion locale s’est tenue mercredi soir alors que la première rencontre nationale a eu lieu dès lundi. Au moment où les pourparlers commencent à La Réunion, le nouveau Front populaire a déjà réparti les candidats entre les différents partis de la plateforme.

À La Réunion, seulement un accord “partiel” a été conclu durant ce qui devrait être l’unique table ronde prévue entre les deux plateformes de gauche avant le dépôt des candidatures.

Les trois députés du camp Bello non soutenus par l’équipe Bareigts vont donc se présenter au premier tour des Législatives, mais pourraient avoir face à eux des candidats de la plateforme PS/Banian/Ansamn/EELV.

 

5e, 6e : L’Est, territoire contesté

 

Ce sont donc principalement les candidatures de Jean-Hugues Ratenon et de Frédéric Maillot qui se sont retrouvées au cœur des débats de mercredi soir.

Il faut faire preuve de responsabilités face à la situation extrêmement grave”, insiste Patrice Selly, maire de Saint-Benoît, commune de la cinquième circonscription. Il justifie l’opposition du camp Bareigts à la candidature de Jean-Hugues Ratenon : “Un flou quant aux réelles intentions des uns et des autres. Nous ne pouvons pas cautionner des candidats aux Législatives qui sont aussi candidats aux Municipales dans moins de deux ans. Il faut faire preuve de sincérité et de loyauté à l’égard des électeurs.”

 

 

Mêmes arguments avancés face à la candidature de Frédéric Maillot, accusé de faire campagne à Saint-Denis en vue des Municipales. Le camp Bello répond que celui-ci ne fait que son travail de député de la 6ème circonscription qui s’étend sur une partie du chef-lieu.

Pour autant, la plateforme d’Ericka Bareigts assure ne pas être opposée aux candidatures, mais bien au principe de « primeur au sortant ». En face, l’argument n’est pas entendu et les députés sortants doivent être soutenus comme au niveau national.

D’un côté comme de l’autre, les plateformes de gauche ont campé sur leurs positions.

3e, 4e, 7e : la circonscription problématique n’est pas celle que vous pensez

 

La 7ème circonscription était l’une de celles qui faisaient l’objet des plus grandes inquiétudes. En cause, des tensions à Saint-Paul entre le maire et le député Perceval Gaillard, pourtant du même bord.

Le camp Bello a décidé de se serrer les coudes en vue des Législatives et réitère son soutien à Perceval Gaillard, parlementaire fortement lié à la plateforme nationale de La France Insoumise. Celui qui a battu de justesse Thierry Robert en 2022 obtient même le sceau d’approbation de l’équipe Bareigts.

Mais c’est l’impasse des négociations au niveau de la 4ème circonscription qui a surpris les membres de la plateforme d’Huguette Bello. La team Bareigts n’a pas voulu appliquer la règle de la “primeur au sortant” pour la députée sortante Emeline K/Bidi. La protégée de Patrick Lebreton est accusée aussi d’être en campagne sur le terrain en vue des prochaines municipales.

Une remise en question du principe du primo-sortant qui a provoqué la colère des proches de la parlementaire. Des émotions vives qui ont même mené certains à voir le spectre de Michel Fontaine derrière ces négociations.

Ericka Bareigts et son équipe persistent et signent : ils refusent de soutenir des députés qui seraient déjà en campagne pour les Municipales 2026. Des élus qu’ils accusent d’avoir déjà en partie délaissé leur mandat, une situation qui ne leur est pas acceptable au vu de l’enjeu du prochain scrutin où le Rassemblement national pourrait accéder au pouvoir.

À noter que la troisième circonscription n’a pas été évoquée, car les négociations n’étaient menées qu’autour des députés sortants. Pourtant, il s’agissait en 2022 du seul scrutin où la gauche réunionnaise était allée au combat divisée et avait terminé sans aucun candidat au second tour.

 

La demi-union de gauche

 

Mercredi soir, alors que les élus quittent un par un Le Crayon, siège du Territoire de l’Ouest, les plateformes de gauche n’ont pas réussi à accorder leurs violons et ont même une lecture différente de la partition venant d’être jouée.

Ericka Bareigts s’est dite satisfaite d’avoir obtenu l’échange réclamé ainsi qu’un accord sur trois des sept circonscriptions. Elle rappelle qu’il n’y avait jusqu’alors aucune entente entre les plateformes.

Pour le camp Bello, la pluie battante du ciel portois n’a pas effacé les espoirs d’un accord total.

 

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