Législatives : Les discussions à gauche commencent aujourd'hui à La Réunion

Les deux formations majeures de la gauche à La Réunion vont se réunir autour de la table ce mercredi matin. L’objet de cette réunion au sommet : la signature d’un accord pour une union en vue des élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet prochains.
L’objectif sera d’émuler l’alliance réussie au niveau national entre les partis de gauche qui prévoit des candidatures uniques de la gauche lors du scrutin à venir. Un engagement primordial pour faire barrage à l’extrême-droite qui pourrait obtenir la majorité parlementaire et accéder au pouvoir exécutif. Une telle situation auraient des conséquences négatives importantes sur les avancées sociales, sociétales ainsi que sur la stabilité politique et économique de La Réunion comme de toute la France.
Des tensions toujours vives
Au lendemain de l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, les deux plateformes de gauche de La Réunion, menées l’une par Huguette Bello et l’autre par Ericka Bareigts, ont appelé chacune de leur côté à une union des forces pour faire face au Rassemblement national sorti encore une fois en tête des urnes sur l’île.
Les affrontements des derniers mois lors des Sénatoriales et des Européennes ont semble-t-il laissé des traces. Une opposition entre la “vraie” gauche et la “fausse” gauche a empoisonné les relations, déjà très tendues, entre Huguette Bello et Ericka Bareigts. Cette dernière a d’ailleurs déploré des mots blessants en affirmant son souhait d’aller au-delà de cet antagonisme.
Malgré les appels à une alliance, aucun des chefs de file n’était prêt à évoquer les conditions de cette union au niveau local. Et il aura fallu attendre ce mercredi matin - alors que les discussions ont démarré dès lundi soir au niveau national - pour l’organisation d’une rencontre entre les deux plateformes.
Des candidats pourtant presque tout trouvés
Des actes de campagne ont tout de même été initiés avant cette réunion de travail. Les députés de la plateforme d’Huguette Bello élus en 2022, issus du PLR, de LFI et du Progrès ont chacun tour à tour annoncé leur candidature. Ils se sont appuyés pour cela sur l’un des principes fondamentaux de l’accord national : la primeur aux sortants.
Karine Lebon (2e circonscription), Emeline K/Bidi (4e circonscription), et Frédéric Maillot (6e circonscription) se sont tous déclarés candidats. C’est également le cas pour Perceval Gaillard, qui devrait toujours avoir le soutien de la plateforme, malgré des désaccords récents avec des chefs de file.
Sur la cinquième circonscription, Jean-Hugues Ratenon ne s’est pas exprimé publiquement, mais devrait se présenter à nouveau. Sur la troisième circonscription, Alexis Chaussalet, battu dès le premier tour en 2022, serait prêt à repartir au combat.
Du côté de la plateforme d’Ericka Bareigts, un seul député avait été élu en 2022 : Philippe Naillet. Celui-ci devrait logiquement se représenter sur la première circonscription, entièrement dionysienne. Aucun autre prétendant à gauche ne pourrait prendre le poste sans le soutien crucial de la maire.
La première secrétaire de la fédération du PS à La Réunion a aussi lancé un appel à l’union, mais insiste sur l’importance d’un échange entre les deux plateformes avant de partir au combat contre l’extrême droite et la majorité présidentielle. L’enjeu, au-delà du barrage républicain, est aussi d’évoquer la stratégie politique au-delà du scrutin express des Législatives. Après l’opposition au RN et à Renaissance, quelles solutions apporter aux Réunionnais et comment combler le fossé avec des électeurs de plus en plus désabusés ?
L’objectif commun dépasse-t-il les divisions ?
Même si la gauche avait obtenu 6 députés sur 7 en 2022, l’union n’a pas été parfaite. Sur la 3ème circonscription, la gauche divisée n’a même pas atteint le second tour. Rappel, s’il en faut, de l’importance d’une alliance.
Aujourd’hui, un désaccord entre les deux plateformes pourrait avoir des conséquences bien plus importantes à l’approche d’un scrutin avec tant d’inconnu.
Les deux plateformes de la gauche sont d’accord pour dire que la gravité de la situation les somme de se revenir. Les tensions des dernières semaines et même des derniers jours doivent donc être dissipées ce mercredi matin pour atteindre le but commun : éviter l’accession au pouvoir de l’extrême-droite et les conséquences dramatiques qui pourraient en découler.


