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Enfants dits de la Creuse : les réactions politiques à la suite de l'adoption de la loi historique

Ecrit par Zinfos 974 – le mercredi 17 juin 2026 à 11H01

Après plus de soixante ans d’attente, la proposition de loi visant à reconnaître et réparer la transplantation de mineurs réunionnais vers l’Hexagone entre 1962 et 1984 a été définitivement adoptée mardi soir. Ce vote historique, acquis à l’unanimité, laisse place désormais aux nombreuses réactions politiques.

Il aura fallu des décennies de témoignages, de combats associatifs et d’interpellations politiques pour que ce texte arrive au bout de son parcours parlementaire. Déjà adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 28 janvier dernier, la proposition de loi portée par la députée Karine Lebon a été définitivement votée par le Sénat, avec 342 voix pour et aucune voix contre.

Lire aussi : Enfants dits de la Creuse : que contient la loi historique définitivement adoptée par le Parlement ?

Commission de reconnaissance, journée nationale d’hommage, lieux de mémoire, allocation de réparation : la République inscrit désormais dans la loi la reconnaissance des préjudices subis par les anciens mineurs réunionnais déplacés vers l’Hexagone, tout en ouvrant une nouvelle séquence politique autour des modalités concrètes de cette réparation.

Une décision historique qui suscite de nombreuses réactions.

Karine Lebon, députée :

"Trop longtemps reléguée au silence, la parole des victimes est aujourd’hui consacrée par la loi. Ce texte vient parachever le travail engagé par Ericka Bareigts dans le prolongement de la résolution mémorielle adoptée à l’Assemblée nationale le 18 février 2014. Il prolonge aussi le combat mené dès 1968 par l’Union des Femmes Réunionnaises, qui avait très tôt dénoncé les effets humains et sociaux de ces politiques de déracinement"

"Reconnaître ne suffit pas : il faut réparer, transmettre et garantir que cela ne se reproduira jamais."

Pour La Réunion (PLR) :

"Ce vote historique constitue une avancée majeure dans la reconnaissance d’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire contemporaine de La Réunion. Pendant plus de vingt ans, des milliers d’enfants réunionnais ont été séparés de leurs familles et transférés vers l’Hexagone dans le cadre d’une politique organisée par l’État. Derrière les chiffres se cachent des vies brisées, des identités meurtries, des familles déchirées et des souffrances qui se transmettent encore aujourd’hui de génération en génération.

Pendant trop longtemps, cette tragédie a été minimisée, justifiée ou reléguée au silence. Les victimes ont dû mener elles-mêmes le combat pour faire reconnaître ce qu’elles avaient subi. Ce sont leur courage, leur persévérance et leur refus de l’oubli qui ont permis que la vérité finisse par s’imposer."

Evelyne Corbière Naminzo, sénatrice :

"Je tiens à saluer le courage, la persévérance et la dignité de ces victimes qui ont permis que cette sombre page de notre histoire soit reconnue et que s’ouvre le chemin de la réparation.

La loi que nous venons de voter unanimement marque une étape mémorielle essentielle pour La Réunion. Elle matérialise le devoir de mémoire que nous devons à ces enfants exilés, inscrivant ainsi leur histoire dans le récit national."

Stéphane Fouassin, sénateur :

"Derrière les chiffres, il y avait des visages. Derrière les dossiers, il y avait des enfants. Et derrière cette réalité administrative se cachent des milliers de vies bouleversées. Des enfants parfois très jeunes, séparés de leurs fratries, de leur langue, de leur culture et de leur terre natale.

Pendant de nombreuses années, les victimes ont porté seules le poids de cette tragédie. Beaucoup ont dû attendre des décennies avant que leur parole soit entendue. Beaucoup continuent aujourd’hui encore à rechercher leurs origines, à reconstruire des liens familiaux rompus ou à surmonter les conséquences sociales et psychologiques de ces transferts."

Audrey Bélim, sénatrice :

"12 ans après la reconnaissance par l'État de sa responsabilité morale en 2014, obtenue grâce au combat des victimes, des associations et de nombreux élus, notamment Éricka Bareigts, alors députée, le Sénat a adopté conforme la proposition de loi portée par la députée Karine Lebon en faveur des enfants réunionnais déplacés de force vers l'Hexagone entre 1962 et 1984 appelés communément les "Enfants de la Creuse".

Ce texte, dont Viviane Malet était rapporteure au Sénat, marque une nouvelle avancée majeure de considération et de réparation envers les victimes. Il prévoit la création d'une commission de reconnaissance et de réconciliation, l'instauration d'une journée nationale de commémoration fixée au 18 février, date hautement symbolique pour les victimes, ainsi qu'une allocation dédiée aux anciens mineurs concernés.

Cette adoption poursuit le travail de vérité, de mémoire et de justice attendu depuis des décennies par les victimes et leurs familles."

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