Le ministère de l’Intérieur dépêche deux inspecteurs auditionner le SDIS 974

La nouvelle réjouit Pascal Gonneau, président du Syndicat National des Sapeurs-pompiers Professionnels (SNSPP-PATS 974). L’arrivée des deux inspecteurs du ministère de l’Intérieur vient d’après lui confirmer que rien n’a changé dans les locaux du SDIS 974.
"Nous sommes heureux que ces inspecteurs viennent, c’est le reflet de la désorganisation qui règne au SDIS. On nous a dit qu’il y avait soi-disant réorganisation, mais nous considérons qu’il n’en est rien, il n’y a pas d’amélioration. Les agents du SDIS sont toujours en souffrance", affirme le syndicaliste.
En 2017, deux rapports de la Chambre Régionale des Comptes avaient mis en lumière une gestion chaotique de la maison des pompiers; avec notamment des soupçons d’emplois fictifs, un défaut de maîtrise du fonctionnement interne et une désorganisation des ressources humaines.
"Qui est l’élu chargé des ressources humaines ?"
Un an plus tard, certaines dépenses restent inexplicables pour le syndicat. Le SDIS aurait fait l’acquisition en "leasing" de plusieurs voitures, non pas destinées à des missions opérationnelles ou d’intervention, mais faisant office de voiture de fonction à la disposition de certains cadres fraîchement recrutés…
Et ça ne s’arrête pas là : selon nos informations cette fois, un officier aurait récemment tenté de faire embaucher son épouse aux ressources humaines de la caserne. Celle-ci se serait présentée dans les bureaux lundi dernier, avant d’être poliment conviée à rentrer chez elle, n’ayant pu fournir un arrêté de recrutement.
"Est-ce que quelqu’un peut nous dire qui est l’élu chargé des finances ? Qui est l’élu chargé des ressources humaines ? Aujourd’hui, nous n’avons pas de gouvernance ! La situation du SDIS 974 est-elle même légale dans ces conditions ?", demande Marie-Claudine Moriscot, secrétaire du SNSPP.
Dans les couloirs du bâtiment rue Monthyon à Saint-Denis, l’atmosphère est lourde : la rumeur d’une mise sous tutelle voire d’une dissolution du SDIS 974 circule. De quoi angoisser encore plus le personnel puisque cette menace plane sérieusement sur l’institution.
Dès demain, les deux inspecteurs auditionneront les différents syndicats et représentants du personnel ainsi que la direction et les élus durant quatre jours avant de repartir pour Paris.


