Le futur hôtel Palais Rontaunay à l'arrêt en raison de fouilles archéologiques

Localisé dans le centre-ville historique de Saint-Denis, le projet de 4 étoiles de la rue Rontaunay sous enseigne Accor n'a toujours pas démarré, en raison de la découverte de fondations non répertoriées lors du diagnostic archéologique préalable aux travaux. Les fouilles archéologiques doivent démarrer en janvier prochain et pourraient durer près de 6 mois.
Une centaine de chambres, un spa et une piscine : le Palais Rontaunay, le projet de 4 étoiles du groupe Opale, doit confirmer le renouvellement de l'offre d'hébergement haut de gamme dans le chef-lieu et venir concurrencer le Radisson du Barachois, récemment rénové.
Les deux établissements seront du reste très proches l'un de l'autre, le futur hôtel sous enseigne Accor s'installant dans la rue Rontaunay, à proximité des bars et restaurants du centre-ville. Le Dina Morgabine (3 étoiles) demeurant, pour l'heure, le plus récent établissement construit à Saint-Denis.
Mais bien que les panneaux annonçant les travaux fassent partie du paysage depuis plusieurs années, les riverains et les passants n'ont observé aucune évolution sur le site, sur lequel se niche une vieille bâtisse créole qui fera office d'accueil pour les clients du futur hôtel.

La maison Rontaunay, du nom du commerçant mauricien Julien Gaultier de Rontaunay qui la fit construire dans les années 1854-1862, a abrité le Conseil général avant son installation en 1979 dans le quartier de la Source.
En 2019, cinq ans, après le lancement d'un appel à projets du Département pour l'exploitation commerciale du terrain, un incendie provoqué par un feu de poubelle a ravagé l'annexe du palais Rontaunay, épargnant cependant la maison inscrite aux monuments historiques.
« Il n'y a pas de remise en cause du projet »
« Ils ont découvert qu'avant le bâtiment qui a brûlé, il existait un autre bâtiment. Ils n'en ont pas de trace historique. Là ils ont trouvé des traces de fondations, ils veulent en faire un relevé. C'était il y a un an », retrace Jacques Tanguy, président du groupe Opale ALSEI, qui porte le projet hôtelier.
« Ils vont essayer de détourer ces fondations, ils vont documenter ce qu'il y avait avant. Ça va nous occuper pendant près de six mois en 2025, la durée de validité du permis de construire est gelée par arrêté préfectoral durant cette période. Il n'y a pas de remise en cause du projet, d'ailleurs toutes les autorisations sont suspendues le temps des fouilles », poursuit Jacques Tanguy.

Les fouilles préventives, qui seront opérées par les archéologues de l'INRAP, ont été ordonnées par les services de l’État après un diagnostic préventif, le palais Rontaunay étant situé dans « un secteur à haute sensibilité archéologique ».
« Cette opération, conduite sur le terrain par l’institut national de recherches archéologiques préventives du 7 au 21 juin 2022, a donné lieu à un rapport publié en décembre 2022. Le rapport de diagnostic a été soumis à l’examen de la commission territoriale de la recherche archéologique en décembre 2022, qui a validé le principe d’une fouille préventive, prescrite par le préfet en date du 21 avril 2023. Le 31 janvier 2024, l’aménageur a déposé le dossier de demande d’autorisation de fouilles archéologiques, accordée par le préfet le 21 février 2024 et une demande de subvention a été déposée au titre du Fonds national d’archéologie préventive (FNAP), accordée par le ministère de la Culture le 5 juillet 2024. Les opérations ont été retardées suite à une problématique de pollution du site, suite à l’incendie de 2019, signalée en septembre 2024 par l’aménageur. Le projet scientifique de la fouille a dû être revu pour s’adapter et la fouille préventive démarrera début 2025 », indique la préfecture, sollicitée par Zinfos974.
Selon le président du groupe Opale ALSEI, les fouilles archéologiques préventives ont tendance à devenir la norme dans les villes à caractère historique de l'île. « On a un projet à côté de la ruelle Mazeau à Saint-Denis où ils ont aussi découvert quelque chose il y a trois semaines », confie Jacques Tanguy.
« Un hôtel, ça crée beaucoup d’emplois »
Pour la mairie de Saint-Denis, qui dit s'être engagée à « retravailler la portion de rue Rontaunay avec des pavés », l'arrivée d'un quatrième 4 étoiles (après le Mercure Créolia, la Villa Angélique et le Radisson) est bien sûr perçue d'un très bon œil.
« Cela vient conforter le développement touristique de la commune et rayonner sur le centre-ville. Un hôtel, ça crée beaucoup d’emplois », observe Yassine Mangrolia, l'élu en charge de l'économie.
« L’offre touristique s’étoffe aussi bien en haut de gamme qu’en moyen de gamme. L’initiative du gîte lancé par le Mafate Café ou l'ouverture de la Maison Patio montrent qu’il y a de la place pour une autre offre, ce n’est pas le même prix aussi », souligne Yassine Mangrolia, estimant que la ville de Saint-Denis a réussi son positionnement sur le tourisme d'affaires et d'événementiels, impulsé par des manifestations comme le Grand Raid, les Electropicales ou la fête de la musique.



