Le bio réunionnais marque le pas après des années de croissance

Après six années d’expansion, la surface en agriculture biologique recule en 2024 à La Réunion, avec 141 hectares et 11 exploitations en moins. Une première depuis 2009.
L’agriculture biologique réunionnaise, longtemps en plein essor, connaît en 2024 un net ralentissement. Selon l’Agence Bio, la surface cultivée atteint 2 260 hectares pour 529 fermes, soit 141 hectares de moins que l’an dernier. “C’est la première fois depuis 2009 que le solde des exploitations devient négatif”, relève Agreste, avec un recul net de 11 fermes entre 2023 et 2024.
La baisse touche principalement les cultures de légumes, tandis que les surfaces dédiées aux fruits et aux plantes à parfum continuent de croître. En 2024, les fruits représentent 741 hectares, les légumes frais 258 hectares, les prairies 405 hectares et les plantes à parfum 193 hectares. Cette agriculture bio reste fortement diversifiée, tant dans les productions que dans les circuits de commercialisation : vente directe, AMAP, “Ruche qui dit oui” ou encore six organisations de producteurs.
12% d'entreprises en moins
Le développement du bio s’était accompagné d’un fort essor des entreprises de transformation, de transport et de distribution. En 2008, seules quatre structures de ce type existaient ; elles sont désormais 103. Mais cette année, la dynamique s’essouffle : “le nombre d’entreprises aval recule de 14 sur un an, soit –12 %, principalement du fait de la fermeture de distributeurs”, précise Agreste.
L’inflation, les déséquilibres de marché et la concurrence accrue ont fragilisé certaines structures locales. Les écarts de prix entre producteurs et magasins spécialisés demeurent importants, comme le montrent les mercuriales bio récemment mises en place. Malgré ces turbulences, La Réunion conserve un réseau de distribution spécialisé dense avec des enseignes comme Naturalia, La Vie Claire, et plusieurs indépendants.
Le bio réunionnais, pionnier dans l’outre-mer, “cherche désormais un second souffle”, conclut Agreste, pour consolider ses filières, répondre à la demande locale et maintenir l’équilibre entre ambition écologique et viabilité économique.


