La Réunion bénéficiera du dispositif hexagonal de prévention des feux dès 2011

Le SDIS, l'ONF, le Conseil général, la Préfecture, la mairie de Saint-Paul. Tous les acteurs concernés par l'incendie du Maïdo ont évoqué hier matin, sous la tente du PC incendie installée sur le parking de départ de la randonnée du Grand Bénare, les suites à donner à l'après incendie, pour que "cela ne se reproduise jamais" comme l'a souhaité de tous ses voeux le Préfet de la Réunion, Michel Lalande.
"Il faudra pas moins d'une dizaine d'années avant que la végétation reprenne totalement ses droits sur les 780 hectares partis en fumée". Voilà le décor planté suite à l'intervention de la député-maire de Saint-Paul, Huguette Bello, avant de rappeler, pour ce qui l'a concerne, les efforts de sa commune dans l'épisode incendiaire.
La Réunion attend son plan national de prévention des feux de forêts
La ministre de l'outre-mer a, quant à elle, confirmé qu'elle appuiera la demande locale pour que la Réunion soit inscrite au plan national de prévention des feux de forêts qui existe déjà dans les départements métropolitains disposant de massifs susceptibles d'être la proie des flammes. La Réunion n'en disposant pas.
Ce plan, s'il est avalisé en conseil des ministres en 2011, pourra doter la Réunion d'une visibilité d'ensemble dans les moyens à déployer en cas d'incendies de cette ampleur. Michel Lalande a ainsi évoqué son souhait de pouvoir disposer de ce plan à la sortie de l'été austral prochain.
Concrètement, ce plan comportera trois volets distincts. Le premier sera de créer un modèle de prévision, ce qui manquait cruellement dans ce dernier épisode malheureux. Le patron du SDIS n'y va pas par quatre chemins : "il n'y a pas de lutte efficace possible sans un modèle de prévision opérationnel".
La saison sèche, comme le lait sur le feu
En second lieu, le plan prévoit une prévention auprès du public à partir du moment où le risque devient fort, c'est-à-dire à l'approche des mois de sécheresse, à partir de septembre.
Enfin, le troisième volet du plan se voudra pragmatique puisqu'il aura pour mission de guider les hommes engagés dans leur action afin de ne plus être surpris par l'ampleur des événements. Une manière de ne plus entendre, pour le commandement du SDIS et la Préfecture, les reproches d'hésitation à faire venir le Dash-8 par exemple.
Rendre inoubliable cet incendie
Avant de conclure les différentes interventions, le Préfet de la Réunion a tenu a effectuer une piqûre de rappel à son auditoire, avant de raccompagner Marie-Luce Penchard. Pour lui, "le risque à l'oubli est fort", surtout au niveau administratif et politique où les sujets diffèrent chaque jour. Le massif du Maïdo, "avec ses 400.000 visiteurs par an" rappelle Huguette Bello, mérite l'attention de tous les acteurs concernés.
Raison pour laquelle le préfet a invité l'assemblée à rester mobilisée sur le sujet car pour Michel Lalande, "il s'agit de rendre inoubliable" cet événement que l'on nommera tous désormais "l'Incendie du Maïdo, comme l'on été ceux de 1970 et de 1988".


