"La protection des enfants ne peut plus attendre" : l'UFR réagit après la mort de Lyhanna

Après la mort de la jeune Lyhanna, l’Union des Femmes Réunionnaises estime que ce nouveau drame met en lumière les fragilités du système de protection de l’enfance. L'association appelle à un renforcement des moyens et à une meilleure prise en compte des signalements concernant les mineurs en danger.
L’Union des Femmes Réunionnaises (UFR) réagit à l’affaire Lyhanna, exprimant sa "profonde émotion" et sa "colère" après le drame qui a bouleversé l’opinion publique.
Pour l’association, au-delà des circonstances de cette affaire, les éléments révélés de l’enquête en cours soulèvent des interrogations sur le fonctionnement, les dispositifs et les institutions chargés de protéger les enfants.
"Une véritable urgence sociale"
L’association refuse de considérer l’affaire comme "un simple fait divers", affirme-t-elle, estimant qu’elle renvoie à des difficultés déjà signalées à La Réunion concernant la protection de l’enfance. L’UFR évoque notamment "la saturation des services, le manque de moyens humains, l'insuffisante coordination entre les acteurs, le traitement parfois tardif des signalements et les difficultés de suivi des situations les plus complexes."
Selon l’association, ces difficultés interviennent dans un contexte réunionnais marqué par une augmentation des situations de vulnérabilité des mineurs, des violences intrafamiliales et des atteintes sexuelles commises sur des enfants. Une situation dénoncée depuis des années par les associations et les professionnels du secteur.
Pour appuyer son constat, l’UFR rappelle que plus de 8 000 informations préoccupantes concernant des enfants en danger ont été enregistrées en une année à La Réunion. L’association indique également que plus de 3 600 enfants font actuellement l’objet d’une mesure d’accompagnement ou de protection au titre de l’Aide sociale à l’enfance. Elle souligne par ailleurs qu’en 2024, près de 1 000 enfants ont été victimes d’atteintes sexuelles sur l’île, dont plusieurs centaines dans le cadre familial. La même année, 158 viols sur mineurs ont été recensés, soit une hausse de 23 % par rapport à l’année précédente.
"Ces chiffres démontrent que nous ne sommes pas face à des situations isolées mais devant une véritable urgence sociale qui nécessite une mobilisation exceptionnelle de l’ensemble des pouvoirs publics", analyse l’association.
Renforcer les moyens et la coordination
Face à cette situation, l’Union des Femmes Réunionnaises formule plusieurs demandes.
Elle réclame le renforcement immédiat des moyens consacrés à la protection de l’enfance, une meilleure coordination entre les services sociaux, éducatifs, judiciaires et de santé, une prise en compte plus rapide de la parole des enfants victimes ainsi qu'un suivi renforcé des personnes faisant l’objet de signalements pour des faits graves concernant des mineurs.
"Nous refusons que la vie d’un enfant soit livrée à une succession d’erreurs administratives. Lorsqu’un enfant est victime alors que des alertes existaient, c’est l’ensemble du dispositif de protection qui doit être interrogé", souligne-t-elle.


