"Nous sommes fatigués de recevoir des miettes" : les négociations échouent chez Derichebourg OI

Deux semaines après le début de la grève chez Derichebourg OI, les négociations restent dans l'impasse. Réunis ce vendredi matin sous la médiation de l'inspection du travail, direction et représentants des salariés ne sont pas parvenus à trouver un accord. La saisine d'une commission de conciliation se profile donc, tandis que la collecte des déchets demeure fortement perturbée à Saint-Pierre et à Petite-Île.
L'espoir d'une sortie de crise s'est une nouvelle fois éloigné ce vendredi matin. Réunis autour de l'Inspection du travail, représentants de la direction et de l'intersyndicale ont quitté la table des négociations sans accord après trois heures d'échanges. Une issue qui laisse les salariés dans l'expectative, alors que les déchets continuent de s'amonceler dans plusieurs quartiers de Saint-Pierre et de Petite-Île.
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À la sortie de cette réunion, qui n'a duré "que trois heures", les représentants des salariés dressent un constat amer. "Jusqu'à maintenant, nous étions ouverts aux négociations. Nous n'avons jamais fermé la porte, même après deux semaines de grève. Mais aujourd'hui, force est de constater que la direction ne veut toujours pas faire d'efforts et nous revenons au point de départ", déplore Hubert Alastor, représentant syndical CFDT.
Une commission de conciliation en ligne de mire
Faute d'accord, la prochaine étape pourrait être la saisine d'une commission de conciliation réunissant représentants des organisations syndicales et patronales afin de tenter de rapprocher les positions.
Pour l'intersyndicale, composée de l'UR974, de FO, de la CFDT et de la CFTC, la situation est inédite dans le secteur de la collecte des déchets. "Deux mises en demeure et une réunion avec l'inspection du travail qui se terminent comme ça, on n'avait jamais vu ça", résume Hubert Alastor.

Selon lui, plusieurs revendications ont pourtant évolué au fil des discussions. "Nous avons obtenu des avancées sur la prime de transport, sur différentes petites primes et sur les chèques-vacances. Mais là où ça bloque, c'est sur la prime de partage de la valeur. Cela fait trois ans que nous essayons de la négocier et nous ne l'avons jamais obtenue."
Pour le syndicaliste, les propositions de la direction restent insuffisantes. "Les avancées sont minimes. Ce sont des miettes et nous sommes fatigués de recevoir des miettes. Nous voulons quelque chose de conséquent."
La CIVIS a déjà haussé encore le ton
Pendant que les négociations piétinent, les conséquences du mouvement se font toujours sentir sur le terrain. Plusieurs secteurs restent insuffisamment desservis malgré le service minimum mis en place, les déchets continuant de s'accumuler sur la voie publique.
Jeudi, la CIVIS a adressé une deuxième mise en demeure à son prestataire. L'intercommunalité lui demande de rétablir l'intégralité du service sous 48 heures. À défaut, elle annonce qu'elle pourra engager une procédure de mise en régie afin d'assurer la continuité du service public, aux frais de Derichebourg OI, tout en appliquant les pénalités prévues au contrat.
Les grévistes s'interrogent sur l'attitude de la direction. "Comment ça se fait qu'elle préfère payer des pénalités plutôt que de répondre à ce que demandent les salariés ?", s'interroge un représentant de l'intersyndicale.

"On a l'impression que la ferraille est plus importante que nous"
De retour sur le piquet de grève avant le week-end, les salariés partagent un repas dans une ambiance mêlant fatigue et inquiétude. Les discussions portent autant sur la stratégie à adopter que sur leurs conditions de travail. "Deux semaines de grève, c'est de la fatigue, de la pluie et une perte de salaire", résume Hubert Alastor.
Plusieurs salariés dénoncent également des pressions exercées au quotidien. "Nous prenons notre service entre minuit et une heure du matin et on a l'impression que la ferraille est plus importante que nous", confie un chauffeur, évoquant les casses matérielles qui peuvent survenir pendant les tournées.
Un autre salarié regrette un manque de transparence sur le décompte des heures travaillées et des plannings communiqués tardivement.
En attendant une éventuelle reprise des discussions lundi, le mouvement de grève est maintenu. Sollicitée au dépôt de Derichebourg OI, la direction n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat, indiquant qu'elle communiquerait ultérieurement.


