Meurtre de Thomas à Crépol : les juges retiennent la circonstance aggravante de racisme

Les juges d'instruction chargés de l'enquête sur la mort de Thomas Perotto, tué lors du bal de Crépol (Drôme) en novembre 2023, ont retenu la circonstance aggravante de racisme à l'encontre de l'ensemble des mis en examen. Une évolution notable dans ce dossier, alors que le parquet n'avait pas retenu ce motif dans ses réquisitions rendues en juin.
Cette qualification a été ajoutée après les observations formulées par plusieurs parties civiles, qui estimaient que certains témoignages évoquant des propos hostiles aux Blancs tenus au cours de la soirée n'avaient pas été suffisamment pris en compte.
« La race blanche et la nation française »
Selon une source proche du dossier, les magistrats considèrent désormais que les faits auraient pu être commis en raison de l'appartenance, réelle ou supposée, de la victime à une race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée, en l'espèce « la race blanche et la nation française ».
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, une violente altercation avait éclaté à l'issue du bal de l'hiver de Crépol entre des jeunes du village et d'autres venus, pour certains, du quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère. Au cours de la rixe, plusieurs armes blanches avaient été utilisées. Thomas Perotto, 16 ans, passionné de rugby, avait succombé à ses blessures lors de son transfert vers l'hôpital. Quatre personnes avaient été grièvement blessées.
Au fil de l'enquête, plusieurs témoignages avaient fait état d'insultes à caractère raciste échangées entre les différents groupes. Malgré ces éléments, le parquet de Valence n'avait pas retenu le mobile racial dans son réquisitoire définitif.
Au total, quatorze jeunes hommes ont été mis en examen pour meurtre et tentatives de meurtre. Aucun n'a reconnu avoir porté le coup mortel. En juin, le parquet avait demandé le renvoi de onze d'entre eux devant la cour d'assises pour homicide et tentative d'homicide, tout en abandonnant la qualification de bande organisée.
Après les observations des différentes parties, les juges d'instruction ont rendu un nouvel avis de fin d'information. Ils doivent désormais décider, dans leur ordonnance de mise en accusation, s'ils suivent ou non l'ensemble des réquisitions du parquet avant un éventuel procès devant la cour d'assises.


