L’évêque de La Réunion met en garde contre deux mouvements religieux

Dans une circulaire consacrée notamment aux nouvelles nominations au sein du diocèse, l’évêque de La Réunion, Mgr Pascal Chane-Teng, relaie deux avertissements concernant des mouvements se réclamant du catholicisme.
La mise en garde figure à la fin d'une circulaire publiée hier sur la page Facebook du diocèse de La Réunion, datée du 15 juillet 2026.
Dans ce document adressé notamment aux prêtres, diacres et fidèles du diocèse, Mgr Pascal Chane-Teng annonce une série de nominations et de changements à la tête de plusieurs paroisses de La Réunion.
Mais l’évêque profite également de cette communication interne à l’Église réunionnaise pour attirer l'attention sur deux mouvements religieux.
Un groupe non reconnu par l’Église catholique
Le premier avertissement concerne l’Ordre romain de Marie Notre-Dame de France, également désigné dans la circulaire comme l’Ordre romain de la Mère rédemptrice (ORMR).
“Ce groupe commence à avoir des sympathisants dans le diocèse”, s'inquiète l’évêque de La Réunion. Mgr Pascal Chane-Teng rappelle que le mouvement “n’est pas reconnu par l’Église catholique” et souligne que plusieurs diocèses français ont déjà alerté les fidèles “en raison de l’absence de reconnaissance canonique et de possibles dérives”.
Selon Tribune Chrétienne, le mouvement aurait été fondé en juillet 2020 et portait auparavant le nom d’Ordre romain de Marie Rédemptrice. Se présentant comme une communauté religieuse catholique fondée sur la prière, le travail agricole et l’entraide, il développe également un discours autour de révélations privées et de références issues de courants prophétiques et providentialistes.
Plusieurs diocèses français ont pris publiquement leurs distances avec le mouvement. Le 8 avril 2026, le diocèse de Valence a ainsi alerté sur ses activités, affirmant qu’en dépit des apparences, le groupe n’avait “aucun lien canonique avec l’Église catholique” et présentait “les critères de possibles dérives”.
Le diocèse de Valence affirme également que le mouvement utilise principalement les réseaux sociaux pour recruter de nouveaux membres, “en particulier auprès de jeunes adultes”. Il recommande aux fidèles de ne pas rejoindre le groupe ni de participer à ses activités et rappelle la possibilité de saisir la Miviludes en cas de situation préoccupante.
Le diocèse de Poitiers a, par la suite, relayé des réserves similaires.
La prise de position de l'évêque de La Réunion apparaît donc comme le prolongement local d'une série d'alertes déjà formulées dans l'Hexagone, dans un contexte nouveau pour le territoire, au moment où le mouvement compterait désormais des sympathisants dans le diocèse.
La Fraternité Saint-Pie X également visée
La seconde mise en garde concerne la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), mouvement catholique traditionaliste fondé en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre et dont les relations avec Rome sont conflictuelles depuis plusieurs décennies.
Dans sa circulaire, l’évêque de La Réunion relaie une information du nonce apostolique en France concernant un décret du Dicastère pour la Doctrine de la foi daté du 2 juillet 2026.
Le document cité par Mgr Pascal Chane-Teng invite “les clercs et les fidèles laïcs” à ne pas adhérer au “schisme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X”, sous peine, selon les termes reproduits dans la circulaire, de s’exposer à une excommunication latae sententiae, c'est-à-dire encourue automatiquement lorsque les conditions prévues par le droit canonique sont réunies.
Cette seconde alerte est toutefois d’une nature différente de la première. L’Ordre romain de Marie fait l’objet d’avertissements portant sur son absence de reconnaissance canonique et sur de “possibles dérives”. La situation de la Fraternité Saint-Pie X relève, elle, d’un conflit ancien et désormais renouvelé avec l’autorité de Rome sur le terrain doctrinal et canonique.


