Journée internationale des femmes rurales : Chantale, “femme capable”, “femme courage”

Sortie du “fénoir” pour entrer dans la lumière, Chantale a à cœur aujourd'hui de transmettre, de partager et de sensibiliser sur les conditions des femmes rurales. C'est donc sur son exploitation de vaches laitières à la Plaine des Cafres qu'elle a choisi d'accueillir des élèves de formation agricole, mais aussi des bénéficiaires de l'ADAPEI et de l'association “Femmes Solid'Air”. "Le contact avec les animaux, c'est comme une thérapie", assure-t-elle.
“Je suis cheffe d'exploitation depuis deux ans. Je m'occupe seule de 34 vaches laitières, 16 génisses prêtes à vêler et de plusieurs veaux", explique Chantale lors des visites qu'elle a organisées avec ses trois enfants. "C'est un métier difficile que l'on fait pour le plaisir et pas pour l'argent", un métier "d'avenir", maillon essentiel de la production alimentaire. "Toute installation est compliquée, mais il ne faut rien lâcher", insiste-t-elle en direction des agriculteurs de demain.
Manque de reconnaissance
Après 5 ans passés à Saint-André et un passage par la restauration, Chantale décide finalement de reprendre l'exploitation de son papa à son décès. Diplômée depuis 1999, cette agricultrice passionnée par son métier est devenue une fine technicienne dans le but de développer son exploitation et de prendre soin de ces vaches. “Des Prim'Holstein pour leur douceur et quelques brunes pour leur côté dominant, mais plus de Normande au caractère beaucoup plus rustique”, plaisante Chantale.
Avant d'être à son compte, l'éleveuse a longtemps travaillé sous le statut de conjointe collaboratrice, participant activement à l'activité de l'entreprise tout en étant le pilier de son foyer , sans aucune reconnaissance.
“ Femme courage”, “Femme capable” sont les mots qui reviennent le plus souvent pour parler de Chantale.
Faire de ses difficultés une force
Levée tôt, couchée tard, cette agricultrice aux multiples casquettes a traversé de nombreuses épreuves. “ Je n'ai pas peur ni honte de mes difficultés”, en fait-elle une force.
C'est dans cet esprit qu'elle a tenu à convier l'association “Femmes Solid'Air”. En finir avec la misogynie, atteindre l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, combattre toutes les formes de violence... Autant de sujets qui peuvent être difficiles parfois d'aborder dans le milieu agricole, reconnait Chantale.
Pour autant, “on y arrive avec le temps et le soutien. C'est pour cela qu'il est important de croiser le chemin d'association comme Femmes Solid'Air et sa directrice Pierrette Mira”, livre Chantale mue par la volonté de sensibiliser non seulement aux conditions de travail des agriculteurs, mais aussi à celles des femmes rurales.“On ne nous écoute pas forcément comme les hommes. On doit vraiment se battre pour se faire entendre”.


