Jeunesse, alcool, désocialisation… Résultat navrant : Coups et blessures sur sa fille

Ce n’est certes pas l’affaire du siècle mais elle est symptomatique d’’une misère affective, sociale et tout ce qu’on veut, où se mêlent une inadaptation certaine à la vie en société ou en couple, l’alcool, la dislocation familiale, le désintérêt des proches, l’immaturité affective, le chômage…
La surprise est de taille en voyant arriver à la barre des accusés cette adolescente attardée dont on nous dit qu’elle est mère de famille. Et pas qu’un peu…
Clémentine, 1m60 à tout casser, même pas la trentaine mais l’air d’une ado de 16 ans (tout bien pesé) est déjà mère de 7 enfants. Oui madame ! Elle est là pour avoir, le 12 février 2017 à la Possession, arraché la créole droite (large boucle d’oreille) de sa fille. Sur fond d’alcoolisation avancée.
"C’est la faute de mon ex"
Clémentine a eu 7 enfants de divers compagnons qu’elle a quittés… ou le contraire, on ne sait pas très bien. Sa famille, absente à l’audience, a toujours semblé s’en foutre. Très peu scolarisée et encore moins socialisée, elle a eu ses trois derniers enfants avec un compagnon dont elle s’est séparée en très mauvais termes et c’est une litote.
Les disputes sont très fréquentes avec les trois enfants habitant encore chez elle et qu’elle élève tant bien que mal avec les allocations. Car elle n’a jamais travaillé et n’a, d’ailleurs, aucune formation. Un jour, sa fille de 15 ans se rebiffe, c’est elle qui le dit : "Elle est déjà très rebelle à son âge et n’obéit pas. Nous avons commencé à nous disputer et dans l’emportement, mes doigts se sont emmêlés dans sa boucle d’oreille droite. Ce fut un accident".
"Oui, rétorque le président Molié, mais vous lui avez quand même arraché le lobe de l’oreille !"
L’accusée ne nie pas mais "explique" : "Je voulais lui confisquer son téléphone portable et c’est comme ça que c’est arrivé".
C’est le papa de la jeune fille qui porte plainte "mais c’est un complot. Il a toujours voulu récupérer sa fille et a profité de l’occasion pour la séparer de moi !"
Si elle parle très bien, très calmement, si elle a réponse à tout, elle ne sait plus trop quoi dire lorsque mise face à ses contradictions. Par exemple lorsqu’il lui est demandé si elle se sent coupable. Silence radio.
Sur fond de rhum-charrette
Les détails rapportés par le président Molié éclairent un peu mieux ce dossier plus lourd qu’un sandwich américain.
Clémentine est depuis de longues années addicte au rhum-charrette. Comme aux autres boissons d’un certain titrage éthylique. Et précisément, selon les témoignages, c’est parce que sa fille a refusé d’aller chercher de l’alcool à la boutique toute proche que la bagarre a débuté. Les deux garçons, qui assistaient à l’algarade (charmant !) ont refusé aussi, ce qui n’a fait qu’envenimer les choses et aigrir un peu plus l’humeur de la (trop-trop) jeune mère.
Mais le fait de subir évidemment les conséquences de son addiction ne lui ôte pas tout-à-fait sa lucidité. Ainsi, en conduisant sa fille aux Urgences, elle lui fait ses dernières recommandations. Comme de ne pas dire aux Urgentistes comment elle a perdu le lobe de son oreille. Que sa fille invente ce qu’elle veut, qu’elle mente mais "dis pas c’est mwin !" Pas folle, la guêpe !
Les bagarres se sont poursuivies jusqu’à ce que les forces de la loi ne vinssent y mettre bon ordre. Dans ces mêmes parages, ne voulant plus s’en prendre aux oreilles de sa fille, pour un prétexte des plus futiles,… elle lui balance un pot de fleurs à la tête. Cible non atteinte pour cause de main tremblante. Allez rôde akoz…
Les choses semblent s’améliorer
Si l’adolescente (la fille, j’veux dire) a quitté le domicile maternel, il semblerait que leurs relations aient pris meilleure tournure.
"Ma fille revient me voir quand elle veut, assez souvent d’ailleurs. Elle dort même parfois chez moi".
On ne peut que s’en réjouir, surtout si, comme elle le dit, la jeune mère subit un traitement contre son addiction depuis quelque temps.
Son CV n’est pas chargé, avec juste une mention pour conduite en état d’alcoolisation sévère.
Concernant le lobe d’oreille, un rappel à la loi avait été prévu contre la fautive mais celle-ci n’a pas déféré aux trois convocations envoyées à son domicile. Ce qui lui valait donc d’être à la barre ce matin.
Verdict : 2 mois avec sursis.
P.S. Question subsidiaire : et si c’est l’oreille entière qui se barrait, c’était combien ?


