Jean-Pierre Marchau: "La 7ème circonscription est un concentré de problèmes environnementaux et sociétaux"

Il se lance également dans la bataille des législatives dans la 7e circonscription. Jean-Pierre Marchau, épaulé de Geneviève Payet, portera les couleurs d'Europe Écologie-Les Verts lors du scrutin qui aura lieu les 23 et 30 septembre prochains. S'il reconnait que cette élection "ne modifiera en rien les rapports de force", Jean-Pierre Marchau estime que localement, cette élection dans la 7e "a un fort enjeu local" avec notamment les problématiques des carrières et du domaine maritime publique:
C’est un scrutin partiel qui n’aura pas d’impact sur la composition de l’Assemblée Nationale largement dominée par La République en Marche. Quel que soit l’élu au soir du 30 septembre, cela ne modifiera en rien les rapports de forces. On ne peut donc évoquer un vote "utile". En revanche cette élection a un fort enjeu local.
D’une part, parce qu’elle est provoquée par la démission d’office du député sortant décrétée par le Conseil Constitutionnel, d’autre part, du fait que le territoire de cette 7ème circonscription est un concentré de problèmes environnementaux et sociétaux.
Environnementaux : prélèvements massifs d’andains, glissements de terrains meurtriers, projets de méga carrières, pollution du lagon, inondations liées aux fortes pluies et aux phénomènes majeurs de la houle, érosion du littoral, etc.
Sociétaux : les conflits d’usages qui se manifestent passionnément, voire violemment, autour de la crise requin et du débat sur les constructions illégales érigées sur le Domaine Public Maritime, notamment à l’Hermitage.
-À l’origine de ces problèmes, de mauvais choix effectués depuis des années en matière d’aménagement, d’urbanisation, de bétonnage et de stratégies de développement. Il en résulte aujourd’hui une société divisée, menacée dans ses équilibres et même dans la solidarité des liens qui, hier, faisait sa force.
L’aménagement et l’urbanisation peuvent devenir des instruments de discrimination. A la réalité de la croissance démographique, les élus ont apportés de mauvaises réponses. Dans l’ouest, en quarante ans, la population a doublé et certains quartiers comme Carosse-Saint Gilles ont vu le nombre d’habitant multiplié par trois : en vingt ans, on y est passé de 1600 habitants à 4800 aujourd’hui. Le nombre de touristes a été multiplié par quatre depuis les années 80, les activités liées à la mer ont explosé et les élus ont favorisé un modèle consumériste standard avec des grandes surfaces.
La route des Tamarins est devenue la route des hyper marchés avec le Portail à Saint Leu (18 000 m2) et demain la ZAC Renaissance au-dessus de Saint Paul avec un projet porté par le groupe Hayot du plus grand centre commercial jamais construit à La Réunion : au total, 30 000 m2 avec les galeries commerciales plus les parkings et les bretelles d’accès.
-Ce choix d’aménagement a des conséquences environnementales mais aussi sociales. Urbanisation, imperméabilisation des sols augmentent les risques d’inondations. Sur la commune de Saint Paul et notamment la zone l’Hermitage-La Saline, environ 16 000 personnes et 10 00 emplois sont exposés à des risques d’inondations moyennes ou fortes.
En matière d’urbanisation, les aménageurs se contentent d’importer un modèle élaboré ailleurs, dans un autre contexte culturel et historique. Le manque d’empathie avec les populations traditionnelles se traduit pas l’indifférence face au patrimoine, notamment matériel (mode de vie et occupation de l’espace dans l’habitat "bois sous tôle") et immatériel (savoirs faire, modes de vies et sociabilité des populations installés historiquement sur les lieux).
-La hausse des prix immobiliers faisant le reste, l’urbanisation modifie sensiblement la composition sociologique de la population, les plus démunis étant les premières victimes de cette hausse. Cette gentrification, engendre un sentiment de dépossession qui exacerbe les passions dans les conflits d’usage.
Il faut donc repenser l’aménagement du territoire afin de mettre fin à la politique du tout béton et revenir sur des stratégies de développement qui sont des impasses.
Jean-Pierre Marchau
La 7ème circonscription est un concentré de richesses, plages, hôtels, grandes surfaces, boîtes de nuit, etc. mais cette vitrine du consumérisme cache mal la réalité, il y a aussi une population pauvre, qui a le sentiment d’être abandonnée.
La plage était le refuge familial et convivial où l’on se retrouvait notamment le week-end pour le pique-nique traditionnel mais aujourd’hui, face à l’érosion, aux implantations illégales, à la pollution, cet espace est devenu le lieu de toutes les discordes.
Les populations les plus démunies sont les premières victimes de ces choix d’aménagement. Elles risquent d’être aussi les premières victimes d’une explosion de dengue toujours possible.
En matière de logements sociaux, il faut dénoncer le scandale de la qualité médiocre des logements proposés ainsi que la surpopulation qui résulte de leur nombre insuffisant.
Geneviève Payet
Plus que jamais, nous considérons nécessaire de changer radicalement de cap et de choisir fermement un autre modèle de développement : un développement non consumériste, redonnant sa place aux commerces de proximité, à un urbanisme respectueux des traditions et du patrimoine naturel, un développement qui pourra garantir un avenir pour les générations futures.
Le 23 septembre, ce scrutin n’ayant pas un enjeu national, les électeurs de la 7ème circonscription pourront faire un choix sur le fond.
Jean-Pierre Marchau et Geneviève Payet


