Incendie du Maïdo : Le travail du Parc national ne fait que commencer...

L'incendie criminel qui s'est propagé au coeur de la forêt de Maïdo, il y a maintenant 24 jours, est certes aujourd'hui sous contrôle, mais tout n'est pas encore rentré dans l'ordre. Les agents du Parc national, qui sont en permanence sur le terrain, sont très attentifs aux points chauds qui peuvent encore faire repartir l'incendie avec l'aide des Alyzés.
Un impact "énorme"
"L'impact est énorme", assurent les responsables du Parc national, d'autant que le milieu est exceptionnel : beaucoup d'espèces protégés et endémiques ont été détruites ainsi que des espèces animales. Ils craignent que les espaces soient recolonisés par des espèces exotiques invasives tel que le raisin marron ou la jonc d'Europe.
Les espèces qui sont au coeur de la forêt et qui jusqu'ici ne sont pas très impactées ont des chances de reconquérir le terrain avec de la végétation endogène. Par contre, sur les pourtours où les joncs d'Europe étaient déjà présents, "il y a des craintes à avoir", indique Yann Le Padellec, garde moniteur du secteur Est au Parc national.
L'ORA (Observatoire Réunionnais de l'Air) a été sollicité par l'ARS (Agence Régionale de Santé) pour mesurer la qualité de l'air à proximité de l'incendie du Maïdo et les répercussions de la fumée sur sa qualité. Il y a eu quelques pics de pollution de l'air, la nuit, en raison des phénomènes de brises de terre qui ramenent les fumées directement de l'incendie à la Chaloupe Saint-Leu. Des mesures qui ont été transmises à l'ARS.
Du monoxyde de carbone et de fines particules en suspension dans l'air ont été enregistrés du 2 au 11 novembre dernier sur la Chaloupe Saint-Leu, mais seulement la nuit. Des quantités qui ont globalement respecté la réglementation en vigueur. "Un seuil a été dépassé le 3 novembre, le seuil d'information et de recommandation pour les fines particules en suspension", précise tout de même Fabien Georgel, chargée de communication de l'ORA. La conséquence éventelle sur la population de la zone est des irritations respiratoires.
La crainte : les espèces envahissantes
Une fois que l'incendie sera éradiqué, la mission du Parc national sera de suivre "la dynamique du territoire", c'est-à-dire observer si ce sont les espèces endémiques qui reconquièrent l'espace ou des espèces envahissantes.
La prévention des incendies en milieu de forêt passe par la sensibilisation auprès de la population. Cela fait partie des mission du Parc national qui collabore avec l'ONF, notamment le dimanche sur les zones de pique-nique où les gens font du feu.
Par ailleurs, l'Unesco suit de très près l'évolution des événements grâce aux informations relayées par le Parc national. Mais pour l'instant, la Réunion reste bien évidemment inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.


