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Immigration, vie chère : Michel Vergoz fait le tour de l'actualité politique

Après le PS le week-end dernier, c'était au tour du Mouvement Politique Trait d'Union (MPTU) d'effectuer sa rentrée politique ce jeudi. Le mouvement mené par Michel Vergoz, soutien de la majorité présidentielle dans l'île, a abordé des sujets brûlants tels que la Loi immigration, la Loi Plein Emploi, la crise du logement à La Réunion et la situation tendue à Mayotte.
Ecrit par S.I. – le jeudi 15 février 2024 à 19H11

En préambule, Michel Vergoz est tout d'abord revenu sur la question de la vie chère à La Réunion et notamment sur les travaux de l'Observatoire des prix des marges et des revenus (OPMR). Un bon outil, estime le patron du MPTU, qui appelle de ses vœux l'ouverture d'un débat autour des marges et aux revenus, pour faire, dit-il, toute la transparence sur un mot-clé, "celui de la concurrence" et mettre fin à ce qu'il appelle le "comptoir colonial". Michel Vergoz a par ailleurs salué l'action de la Région Réunion qui applique des taux réduits d'octroi de mer sur une bonne partie des 153 produits dans le cadre du bouclier qualité prix.

Sur la Loi Plein Emploi, le MPTU propose une adaptation aux spécificités locales. Michel Vergoz a récemment fait voter une motion à l'unanimité lors de la dernière commission permanente de la Région Réunion. Cette motion encourage les conseillers régionaux, mais aussi les 11 parlementaires locaux à proposer des ajustements pour maximiser l'efficacité des mesures nationales qui seront prises pour l'emploi.

"Remettre les maires au cœur des commissions d'attribution des logements sociaux"

La question cruciale du logement a également été abordée, avec une proposition de révision de l'attribution des logements. Ceci afin d'éviter la création de ghettos ethniques. L'idée de donner plus de pouvoir aux maires dans l'attribution des logements est avancée. Selon le MPTU, les maires, en tant qu'élus de proximité, sont les mieux placés pour comprendre les besoins de leur population. "Il faut remettre les maires au cœur des commissions d'attribution des logements sociaux parce qu'ils n'ont pas été, majoritairement, au pouvoir dans ces commissions d'attribution. Ce n'est pas juste parce qu'ils garantissent les prêts sur 20 ans et ce sont eux qui auront à gérer ces populations demain sur leur territoire", tient à rappeler Michel Vergoz. Son mouvement soutient par ailleurs l'initiative de la CNIL pour une commission d'enquête parlementaire sur la crise du logement.

Outre la question du logement, le MPTU s'est aussi exprimé sur la très controversée Loi immigration. Pour le parti présidentiel, le gouvernement a fait preuve de courage, comme il l'a fait sur la loi sur les retraites. Vice-président du MPTU, Laurent Virapoullé assure que le gouvernement "est allé au bout des promesses faites au pays", et ce, "malgré l'obstruction des oppositions, des oppositions de gauche notamment". Il reproche à ces derniers de n'avoir jamais cessé de réclamer le débat tout en votant dans le même temps "une motion de rejet à l'Assemblée nationale pour empêcher que le débat ait lieu". "Entre l'hypocrisie de la droite et la tartufferie de la gauche, le gouvernement a réussi à faire passer cette loi qui aujourd'hui s'applique et qui aura des effets bénéfiques sur la lutte contre l'immigration clandestine", se félicite le n°2 du MPTU.

 

Autre sujet, celui de l'immigration clandestine "hors de contrôle" à Mayotte, confrontée depuis plusieurs semaines à un conflit social sans précédent. Le MPTU abordait notamment la suppression du visa de séjour territorialisé, mais aussi la question de la fin du droit du sol, appelant les partis politiques de tous bords à soutenir l'action gouvernementale. Michel Vergoz estime que le gouvernement a répondu à la première demande des Mahorais, à savoir la suppression du visa territorialisé, plus communément appelé "visa Balladur". "Il nous faudra, à partir de la nouvelle Loi Immigration, faire en sorte maintenant que les titres de séjour de plein droit répondent aux situations que nous aurons à gérer. Je pense que là, c'est une avancée", confie-t-il.

Égalité sociale : "Mayotte ne peut pas attendre 50 ans comme ça a été le cas à La Réunion"

Outre la question de l'immigration illégale, le cas de Mayotte est avant tout un problème de géopolitique, ajoute de son côté Laurent Virapoullé. "Mayotte est sur la ligne de front qui oppose aujourd'hui, on va dire, les États totalitaires aux États démocratiques. Ce n'est pas un hasard si aujourd'hui l'immigration qui touche Mayotte n'est plus seulement le fait des Comores, n'est plus seulement le fait de Madagascar, mais vient des Grands Lacs africains", relève-t-il. Il voit derrière les problèmes rencontrés par le 101e département français "la main déstabilisatrice des puissances que l'on connaît tous" et qui veulent faire de Mayotte "un point chaud pour l'Europe et un point chaud pour la France". "La Réunion ne doit pas être victime des mesures qui vont être prises", ajoute-t-il.

Laurent Virapoullé attend beaucoup de la Loi Mayotte actuellement en préparation par le gouvernement, "et qui doit être réalisée rapidement". "Nous serons très vigilants sur le fait qu'il faut des signaux forts pour indiquer aux Mahorais que l'égalité sociale à laquelle ils aspirent et qui est à l'origine de l'exode de nombre de Mahorais de Mayotte vers La Réunion pour obtenir les mêmes droits comme en métropole, cette égalité sociale-là, elle ne peut pas attendre 50 ans comme ça a été le cas à La Réunion", insiste-t-il. "Un exil qui déstabilise non seulement Mayotte, mais aussi La Réunion", martèle le n°2 du MPTU, qui demande à voir les problèmes rencontrés par l'île aux Parfums "dans leur globalité". "L'importance de la déstabilisation à laquelle nous assistons et la question de l'égalité sociale sont pour nous les deux clés d'entrée dans ce débat", conclut-il.

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