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Ils sont sans étiquette ou "petit candidat", ont-ils leur chance ?

Les élections cantonales constituent une échéance de proximité par excellence. Une approche rendue possible par la configuration du découpage en cantons qui colle au plus près des réalités géographiques et démographiques, à l'exception notoire des communes-cantons. C'est dans cette brèche que l'on retrouve encore une fois cette année une ribambelle de candidats sans étiquettes. Ont-ils une chance de siéger au Conseil général ? Voire plus modestement d'être en ballotage à l'issue du premier tour ? Les élections cantonales de 2004 qui constituent les cantons renouvelables d'aujourd'hui y répondent…à leur manière. Explication...
Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 10 mars 2011 à 18H23


Ont-ils une chance de briller lors des cantonales ? "Ils", ce sont ces candidats qui tentent l'aventure sans l'appui moral et financier d'une grande famille politique. Ils s'en trouvent pourtant quelques candidats pour s'approprier fièrement leur étiquette de… "sans étiquette". Par conviction ou par leurre.

Ils sont 42 candidats sur les 158 à se présenter cette année sous l'appellation "sans étiquette", soit presque un tiers des prétendants au Palais de la Source.

Première remarque sur le caractère spécial des élections cantonales, elles offrent aux petits candidats (le terme n'est pas péjoratif) l'occasion rêvée de se faire connaître. Car les élections cantonales servent avant tout à cela : à offrir une fenêtre médiatique en l'espace de quelques semaines. Une opportunité de mieux appréhender des échéances municipales par exemple.

Le milieu associatif fournit de nombreux candidats

Deuxième remarque sur l'aspect "amateur" d'une telle campagne. Contrairement aux élections Régionales ou municipales qui demandent la constitution d'une liste d'une bonne vingtaine de noms, les cantonales ont ceci de particulier qu'elle n'engage que peu de monde si ce n'est un ou une suppléante. La décision de se lancer peut donc se prendre sans réelle contrainte de partis avec une candidature à la candidature en interne.

Ce n'est pas passé inaperçu, le nombre de candidats cette année encore est impressionnant. Avec 158 candidats pour 25 sièges, l'engagement dans la campagne des cantonales n'effraie plus le citoyen lambda. Pour preuve, le nombre important de personnes n'ayant peu ou proue de carrière politique derrière elles. C'est bien l'une des autres particularités de ces élections : les forces vives de la nation (comme le veut la formule) sont largement représentées. L'occasion peut-être unique pour certains de se confronter aux plus grands.

 

Derrière ces "petits candidats" évoqués plus haut, il y a surtout un nombre important d'acteurs associatifs. Gérard Agathe, Patrick Savatier respectivement sur Saint-André 1 et 2 ou encore Dominique Romély sur Saint-Paul 3, les exemples ne manquent pas de ces militants associatifs qui osent franchir le pas. Une occupation du terrain en longueur d'année que les plus malins ne manqueront pas de mettre sur des intentions électoralistes à plus long terme.

Concernant le sigle "sans étiquette" à proprement parler, certains candidats l'affichent haut et fort. "Sans étiquette" :"c'est l'assurance de ne pas avoir la parole dictée par le parti" comme on peut l'entendre très souvent. Réelle conviction ou opportunisme pour ceux qui ne peuvent espérer un parrainage qui leur ferait passer à un tout autre statut ?

Sans étiquette, c'est aussi une façon de se désolidariser des partis qui se sont succédés au pouvoir pendant des années, mais cela ne prémunit pas des déceptions une fois le vote venu.

Ainsi, les chiffres au soir du 21 mars 2004 (date du premier tour des cantonales dont les cantons sont renouvelés cette année) sont sans équivoque possible pour les sans étiquette.

Un tremplin pour les municipales

Des 25 candidats arrivés en tête du premier tour de 2004, 24 figuraient au titre des partis dits traditionnels. Quinze pour l'UMP, quatre pour l'Alliance et cinq pour le Parti socialiste. Seul Alain Zanéguy était l'exception avec son étiquette "divers gauche" sur Saint-Denis 2.

Des 25 candidats arrivés en deuxième position au soir du 21 mars 2004, six sortaient des rangs de l'UMP, huit de l'Alliance, trois du PS. Sept tout de même ne sortaient d'aucune "obédience" précitée puisqu'il s'agissait de candidats DVD et DVG.

Mais devant cette conclusion chiffrée implacable pour les candidats non issus des familles politiques traditionnelles (PS, PCR, UMP), l'enjeu véritable pour ces petits candidats réside sans doute ailleurs.

Malgré la faiblesse des moyens engagés sur une telle campagne, la médiatisation espérée est un tremplin évident pour les municipales qui se profilent en 2014. D'ici là, le travail associatif ne manquera sans doute pas de rappeler à l'électorat tout le travail de terrain effectué.

 

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