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"Il faut peut-être en tuer" : Le vice-président du Département de Mayotte condamné à 3 mois de prison avec sursis

Salime Mdéré était jugé pour avoir déclaré en direct sur une chaîne de télévision publique mahoraise "Il faut peut-être en tuer" au sujet des délinquants qui affrontaient la police lors de l'opération Wuambushu. Trois mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende avaient été requis. Le tribunal a décidé d'aller au-delà des réquisitions et le condamner à trois mois de prison et 10.000 euros d'amende pour provocation publique.
Ecrit par N.P. – le jeudi 7 mars 2024 à 08H34

Salime Mdéré s'est excusé à plusieurs reprises pour ses propos tenus le 24 avril 2023 sur le plateau du journal télévisé de Mayotte La 1ère. Ce soir-là, il répondait à des questions à propos de l'opération Wuambushu. Le vice-président du Département avait alors déclaré aux sujets des délinquants qui s'opposaient aux forces de l'ordre : « Ces délinquants, ces voyous, ces terroristes, à un moment il faut peut-être en tuer, je pèse mes mots. »

Lors de l'audience qui s'est tenue le 1er février dernier au tribunal correctionnel de Saint-Denis dans le cadre de son procès pour incitation à la haine raciale, Salime Mdéré s'était justifié : « Après l’interview, des Mahorais m’ont dit : Vous avez dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. »

La procureure adjointe Lucile Régin y a vu « une forme de revendication » de ces propos. Elle avait assuré que les déclarations n'étaient pas sujettes à « plusieurs interprétations » avant de requérir trois mois de prison avec sursis, 5.000 euros d'amendes et trois ans d'inéligibilité.

Salime Mdéré s'est défendu et a évoqué son investissement dans l'insertion des jeunes en difficulté. Le vice-président du Département de Mayotte rappelle qu'il avait intercédé auprès de la préfecture de Mayotte pour permettre les joueurs sans titre de séjour de voyager pour la Coupe de France.

Le tribunal avait mis sa décision en délibéré au terme de l'audience de début février. Salime Mdéré, vice-président du Département de Mayotte a été condamné à trois mois de prison et 10.000 euros d'amende pour provocation publique à commettre un crime non suivie d'effet, mais aucune inéligibilité n'a été prononcé à son encontre. Le tribunal l'a relaxé pour l'incitation à la haine, estimant que l’ethnie, la nation ou la race n’était pas clairement ciblée. Les demandes des parties civiles ont été déboutées.

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