Gustave Kerven et Elise Larnicol à l'affiche d'un court-métrage sur les Enfants de la Creuse

Réunir à l'affiche d'un court-métrage tourné à La Réunion le Grolandais Gustave Kerven et l'ex-Robin des Bois Elise Larnicol, c'est le casting bankable et osé réussi par la société de production Wopé. C'est aussi un petit plaisir de fans que s'offre le couple de réalisateurs Lauren Ransan et Abel Vaccaro, qui mettent à profit les moyens obtenus après un an de post-production pour se garantir, avec cette belle affiche, de susciter la curiosité lorsque leur film, « Au fond du trou », écumera les festivals l'an prochain avant sa diffusion à la télévision.
Retenu par le jury de Canal + lors de l'appel à projets « Le bonheur est dans l'après » en même temps que huit autres courts-métrages, « Au fond du trou » aborde « un sujet délicat », l'affaire des Enfants de la Creuse, sur un ton qui se veut « moins misérabiliste et manichéen » que celui des fictions du genre selon Lauren Ransan.
De fait, l'histoire de la déportation d'enfants réunionnais dans la Creuse (et dans d'autres départements de l'Hexagone) est « suggérée » pour garantir au récit une portée « universelle ». Les Réunionnais saisiront les références dès le début du film, les autres spectateurs pourront y voir l'histoire poétique et douce-amère d'une fillette de 8 ans prénommée Monette - interprétée par la Réunionnaise Eileen Baron-Gigan dont c'est la première expérience devant les caméras -, déracinée loin de ses parents et de son pays et immergée au cœur de la vie d'un couple d'agriculteurs, joué par Elise Larnicol et Gustave Kerven, qu'elle apprend à connaître. L'actrice Lola Bonnecarrère incarne pour sa part Monette à l'âge adulte.
« Je me souviens que je remplissais ma feuille d'imposition et que j'étais en train de me plaindre auprès de mon agent qu'on ne pensait jamais à moi, qu'on ne me proposait que des rôles dans des courts-métrages », rapporte en rigolant Elise Larnicol, qui confie avec humour être désormais « scénariste à plein temps ». « Quinze jours après, elle me rappelle pour me dire qu'elle a un très beau rôle, mais qu'elle hésite à me le proposer parce que c'est un court-métrage... »
La comédienne, qui explique avoir côtoyé un Réunionnais déporté dans son village d'enfance du Gers, a adoré le scénario. C'est elle qui a mis les réalisateurs en relation avec Gustave Kerven, sur qui le couple ne parvenait pas à mettre la main. Forcément, avec un tel duo à l'écran, surgit l'interrogation sur la manière d'aborder un sujet à la portée aussi dramatique.
« On tend vers le doux-amer, avec des situations qui vont prêter à sourire. C'est un parti-pris qu'on n'a jamais vu », livre la coréalisatrice Lauren Ransan. Une approche qui rejoint celle privilégiée de longue date par Gustave Kerven et son comparse Benoît Delépine dans les nombreux projets qu'ils ont menés ensemble. Le comédien, scénariste et réalisateur ne pouvait donc rester insensible au scénario de « Au fond du trou », d'autant que le film lui fournissait une seconde occasion, à lui le natif de l'île Maurice, de tourner à La Réunion après la comédie d'action « Sentinelle » diffusée depuis le mois dernier sur Amazon Prime.
« J'avais entendu parler des Enfants de la Creuse mais sans approfondir réellement. J'ai toujours travaillé sur des sujets de société, mais ce qui m'a plu c'est que c'est abordé d'une façon originale, en amenant les choses de manière plus poétique », avance Gustave Kerven. « Je joue le rôle d'un homme qui veut construire une fusée pour aller sur la Lune. Il y a une part de mystère aussi, et le mystère dans un film c'est très important, on l'oublie trop souvent. Il y a tous les ingrédients pour que ce soit un carton, un joli film », promet le comédien.


