Revenir à la rubrique : Social

Grève des transporteurs : la FNTR obtient une médiation du préfet

Ecrit par T.L. – le jeudi 25 septembre 2025 à 17H13
(photo d'archives)

Selon la FNTR, plus de quatre-vingt camions sont mobilisés ce jeudi pour interdire l'accès de cimenteries et d'entreprises d'enrobé dans toute l'île. Le syndicat de transporteurs a écrit au préfet Patrice Latron, lequel réunira une table ronde ce vendredi 26 septembre.

Ce jeudi matin, Jean-Gaël Rivière a fait la tournée des piquets de grève, en poussant jusqu'à Saint-Pierre. Selon le président de la FNTR, la grève des transporteurs serait loin de s'essouffler : pas moins de 82 camions seraient mobilisés pour bloquer des cimenteries à Bras-Panon, Saint-André, Sainte-Marie, Le Port (trois sites) et Saint-Pierre. Les transporteurs empêcheraient aussi toute entrée et sortie chez trois gros fournisseurs d'enrobé : GTOI, SBTPC et Razel-Bec.

« J'ai envoyé un courrier au préfet pour lui demander une audience », informe Jean-Gaël Rivière, après l'échec des négociations avec l'Unicem tenues la veille dans la soirée. Il assure que si le courrier adressé à Patrice Latron est parti seulement signé de la FNTR, il a bien été validé oralement par l'intersyndicale des transporteurs.

Lire aussi : Grève des transporteurs : la FRBTP envisage des demandes d'activité partielle pour les entreprises en difficulté

Ces derniers n'ont guère apprécié, c'est peu de le dire, la volonté affichée du syndicat des carriers, l'Unicem, de laisser les entreprises du secteur mener à leur guise les négociations tarifaires avec leurs prestataires.

« Ce n'est pas correct, ce que font les donneurs d'ordre »

« Hier soir, j'ai dit à Laurent Lecocq qu'il fallait qu'il retire sa casquette de patron de Terralta et qu'il représente l'Unicem. Il voudrait qu'on traite au cas par cas, cela veut dire que certains transporteurs seront lésés : le transporteur qui va être revalorisé sera plus cher que celui qui ne l'a pas été. Donc Terralta ne les fera plus travailler, car on sait qu'ils ne font travailler que les moins chers », commente, acerbe, le président de la FNTR, qui demande l'application des indices tarifaires prévus par le Comité national routier (CNR).

« On ne peut pas travailler en dessous du CNR, il englobe tous les coûts réels réévalués. Il englobe l'octroi de mer, les charges, le chauffeur, tout. Il donne un vrai coût moyen avec des marges minimales avec lesquelles les sociétés doivent s'en sortir. Le CNR dit qu'il faut minimum 17% de marge et aujourd'hui on travaille en dessous du coût de revient. Et cela, c'est interdit par la loi. Ce n'est pas correct, ce que font les donneurs d'ordre », tance Jean-Gaël Rivière.

Selon lui, c'est parce qu'ils refusent des négociations tarifaires entre entreprises, mais réclament l'application stricte du CNR, que les transporteurs ont coupé court hier soir aux discussions avec l'Unicem. Le Comité national routier, dont les statuts sont définis par le code des Transports, est un organisme agréé d'intérêt général par l'État dont les indices de prix servent de support aux négociations.

La FRBTP favorable au respect de la charte de bonne conduite

Le président de la FNTR souligne ainsi ne faire que réclamer l'application de la convention signée le 11 juillet 2025 par les donneurs d'ordre eux-mêmes. Dans un communiqué envoyé aux médias ce jeudi, la FRBTP semble se positionner sur la même ligne, en relevant que « la charte signée en juillet dernier, et cosignée par les acteurs sociaux économiques, nous engage à son respect ».

Si la Fédération des acteurs du BTP encourage ses adhérents à appliquer le contenu de la charte de bonne conduite (le document qui comporte tous les indices tarifaires du CNR), il relève n'avoir « pas vocation à exercer un pouvoir de police ». Arguant des conséquences économiques du conflit, la FRBTP demande par ailleurs « officiellement à la DEETS de faire preuve d’une attention toute particulière aux demandes de mise en place de l’activité partielle (chômage partiel) déposées par les entreprises du BTP ».

Dans un communiqué envoyé aux médias ce jeudi en fin d'après-midi, les services de l'Etat confirment avoir pris en compte la demande de la FNTR. Une table ronde réunissant les donneurs d'ordre et les transporteurs se tiendra ce vendredi 26 septembre à 9h30 en préfecture.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :