Grève des transporteurs : la FRBTP envisage des demandes d'activité partielle pour les entreprises en difficulté

Face aux perturbations de l'activité de construction liées aux difficultés d'approvisionnement en matériaux, la Fédération réunionnaise du BTP envisage d'orienter dès ce jeudi les entreprises les plus touchées vers les services de l'État, en vue d'une demande de placement en activité partielle.
Des victimes collatérales d'un conflit qui ne concernerait que quelques transporteurs travaillant pour les principaux carriers de la place : c'est ainsi que pourrait se résumer la position de la FRBTP, alors que le blocage des cimenteries de Port entamé lundi s'est poursuivi ce jeudi 25 septembre.
« Nos entreprises de BTP pâtissent de la situation : quand on a pas de béton, de ciment et d'agrégat, on ne construit pas. Dans un contexte économique déjà très compliqué pour le BTP, ce n'est pas tenable », constate Rudolph Lorion.
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Depuis le début des blocages des cimenteries par les transporteurs routiers lundi 22 septembre, le vice-président de la commission sociale de la FRBT est déjà monté au créneau pour souligner que la Fédération réunionnaise de BTP « n'a pas à s'immiscer dans un problème entre transporteurs et quelques entreprises de l'Unicem. »
« Nous on subit, on est victime collatérale du conflit »
À distance, Rudolph Lorion a suivi mercredi soir les premières négociations entre certains carriers de l'Unicem et l'intersyndicale des transporteurs. « Les discussions auraient dû reprendre ce [jeudi] matin, mais cela ne semble pas être le cas. Nous on subit, on est victime collatérale du conflit, du fait du blocage des transporteurs. Aujourd'hui c'est de l'activité perdue, des journées payées aux salariés perdues. On envisage de demander aux services de l'État, à la Deets notamment, de regarder au cas par cas les demandes d'activité partielle », fait savoir le représentant de la FRBTP.
La Fédération envisage d'inciter ses entreprises à entamer sans attendre les démarches administratives (en ligne) pour une demande d'autorisation préalable et d'indemnisation d'activité partielle.
Comme mentionné par les services de l'État, « l’activité partielle est un dispositif qui permet à l’employeur en difficulté de faire prendre en charge par l'État tout ou partie du coût de la rémunération du salarié. Le contrat de travail du salarié est suspendu et le salarié ne travaille plus. » L'acceptation de la demande par l'État reste bien sûr soumise à certaines conditions. Et à son appréciation de la situation de blocage du secteur du BTP par les transporteurs.
L'Unicem ne veut pas se mêler des négociations avec les transporteurs
Pour Rudolph Lorion, le conflit ne concernerait que quelques entreprises entre elles, et non l'ensemble du secteur du BTP. Dans un communiqué de presse parvenu ce jeudi, l'Union nationale des industriels des carrières et matériaux de construction ne dit pas autre chose, assurant qu'il ne lui « appartient pas de se substituer à ses adhérents dans les discussions tarifaires ».
Si l'Unicem assure aussi « encourager la recherche de solutions équilibrées », le syndicat des carriers pointe une certaine lenteur des transporteurs dans la gestion des négociations financières. « Quatre réunions se sont déjà tenues entre des entreprises adhérentes de l’Unicem et les transporteurs grévistes. Lors de la dernière rencontre, le mercredi 24 septembre au soir, il avait été convenu que les syndicats de transport transmettent la liste de leurs adhérents concernés le soir même. Les entreprises adhérentes de l’Unicem s’étant engagées à les recevoir ce jour à partir de 7h00. À ce jour, cette liste n’a toujours pas été communiquée », assurent les carriers dans leur communiqué.


