Revenir à la rubrique : Social

Grève à l'Association Saint-François d'Assise : la colère monte face à une gestion jugée « opaque »

Ecrit par T.L. – le mardi 21 octobre 2025 à 05H59

À l'appel de la CGTR, des salariés de l'Association Saint-François d'Assise stoppent le travail aujourd'hui pour obtenir l'ouverture de négociations sur le dialogue social ou sur la prise en compte des expertises RPS. Ils demandent aussi le versement d'une prime de 1.000 euros au regard des résultats financiers des structures en charge de personnes âgées ou porteuses de handicap.

L'an dernier, la direction de l'Association Saint-François d'Assise (Asfa) aurait provisionné 1,250 million d'euros pour faire à des risques de sanction financière. Un risque de quel ordre ? Pour le délégué syndicale CGTR et secrétaire du CSE de l'association Gabriel Melade, il pourrait s'agir de frais liés à des départs de cadres de cette association centenaire qui gère deux EHPAD, un hôpital d'enfants et des structures d'accueil de personnes en situation de handicap.

« On est passé de 80.000 euros de provision à plus d'un million d'euros en trois ans, on aimerait qu'on nous explique pourquoi », observe Gabriel Melade. Ce mardi 21 octobre, le syndicat fera grève pour dénoncer une financiarisation opaque de l'association, laquelle a notamment investi dans un immeuble via la SAS ASFA Immobilier.

Lire aussi : Tensions dans le médico-social : les syndicats reçus en préfecture

Dans un rapport de décembre 2023, le cabinet spécialisé IRPEX, mandaté par le CSE de l'association Saint-François d'Assise pour une consultation sur la situation économique et financière, relève ainsi que « les comptes de la SAS ASFA Immobilier ne nous ont pas été transmis malgré nos relances. »

Une prime exceptionnelle de 1.000 euros demandée

Selon Gabriel Melade, l'Asfa aurait réalisé « plus de deux millions d'excédent sur l'exercice 2024 ». Le délégué syndical, qui pointe la piètre qualité de certaines prestations (comme les repas servis dans les deux EHPAD) se demande « quand l'Asfa mobilisera l'ensemble des fonds publics mis à sa disposition ».

Dans le préavis de grève envoyé au président de l'association Maxime Assoune figurent les principales revendications, dont la demande d'un véritable dialogue social, le versement d'une prime exceptionnelle de 1.000 euros, l'augmentation de 10% de la part patronale sur la mutuelle santé, la présentation de plans d'action tenant compte des trois rapports rendus par le cabinet IRPEX, ou encore la reconnaissance des situations de souffrance au travail des salariés.

Ces dernières années, l'Association Saint-François d'Assise, qui emploie environ 700 personnes, a eu recours à l'embauche de nombreux CDD pour compenser les absences pour arrêt maladie de longue durée, ou même les démissions de certains employés.

« On ne peut pas donner suite à des revendications », prévient Maxime Assoune, le président de l'Asfa, sollicité par Zinfos974, qui expose que le statut associatif ne permet pas de redistribuer les excédents aux salariés. « Nous sommes un établissement notamment financé par le Département et toute prime doit être demandée demandée et validée au préalable par nos bailleurs de fonds. C'était le cas pour la prime Ségur, qui a été accordée à tous les salariés ».

Un taux d'absentéisme « très élevé »

Maxime Assoune assure par ailleurs qu'en matière de QVCT (qualité de vie et conditions de travail), l'Association Saint-François d'Assise développe une stratégie tenant compte des revendications sociales et approuvée en CSE. Quant au recours massif aux CDD, il est imputé à un taux d'absentéisme « très élevé » lié en partie à la pénibilité du travail, à une pénurie de personnel mais aussi à « une convention collective très favorable » qui n'applique pas de jour de carence en cas d'arrêt maladie.

Concernant la construction d'un immeuble de logements pour personnes à mobilité réduite en face du CHU de Bellepierre (Saint-Denis), Maxime Assoune fait valoir un projet « d'inclusion dans l'air du temps », avec des professionnels du paramédical au rez-de-chaussée, les locaux des services à domicile de l'Asfa au 1er étage, le tout complété par des logements aux 2è et 3è étages.

« On a mobilisé de la LBU et du crédit d'impôt pour sortir des loyers modérés, mais ce ne sont pas des logements sociaux. Il n'y a rien d'opaque, c'est juste une stratégie syndicaliste qui est de semer le doute là où il n'y en a pas », proteste Maxime Assoune, qui concède par ailleurs que les emprunts toxiques contractés pour la rénovation des EHPAD courent encore sur une quinzaine d'années.

L'hôpital d'enfants de l'Association Saint-François d'Assise.
Etiquettes : EHPAD | Handicap

Dans la même rubrique

0💬
Tri :