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François Fillon passe avec succès le grand oral de sa politique générale

Sans surprise, hier en fin d'après-midi, les députés ont voté par 326 voix contre 226 la confiance au gouvernement de François Fillon. Un peu avant et pendant 40 minutes, le Premier ministre s'est adonné à un exercice qu'il connaît bien. Pour l'anecdote, le 3 juillet 2007, François Fillon avait obtenu, après son premier discours de politique générale, 5 voix de moins que hier. Une réarffimation de la légitimité du gouvernement dont celui-ci avait grandement besoin, surtout après l'épisode de la réforme des retraites. Ce grand oral n'a fait que confirmer les grands axes déjà connus depuis 2007 mais que son gouvernement tentera de réaliser avant la prochaine présidentielle.
Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 25 novembre 2010 à 07H13

 L'Assemblée nationale a voté ce mercredi 24 novembre, en fin d'après-midi, par 326 voix contre 226, la confiance au gouvernement de François Fillon. Alors que toute la gauche a fait front commun, accompagnée du MoDem, l'UMP a été rejointe par le Nouveau Centre dans le vote des "Pour".

Ce nouveau discours de politique générale a donné lieu a quelques annonces, pour certaines attendues depuis la révision constitutionnelle de juillet 2008, mais restées dans les cartons jusque-là.

Une croissance à 1,6% pour 2010 ?

La première d'entre elles avait été réclamée par l'opposition. Cette dernière comptait sur son application pour contrer la réforme des retraites. Il n'en a rien été. Ainsi, le projet de référendum populaire devrait être mis sur les rails dans les prochains mois. Un référendum qui devra impérativement comprendre quelques garde-fous. L'impulsion devra venir d'au moins un cinquième des membres du Parlement, eux-mêmes saisis d'un dixième du corps électoral.

Véritable annonce de ce discours, on retiendra la mise en branle d'une prochaine loi permettant la fusion de plusieurs entités jugées comme proches dans leurs actions. Le futur "Défenseur des droits" devra ainsi fusionner les structures existantes que sont la Halde et le médiateur de la République. Un calendrier pour le printemps prochain a même été avancé. Cette fusion avait été confirmée par le vote du Parlement réuni en Congrès en juillet 2008.  

 

Pas de hausse d'impôts en 2011 mais une très attendue réforme de la fiscalité du patrimoine

Sur le plan économique, le Premier ministre a tablé sur une croissance optimiste "supérieure à 1,5%" selon ses termes et a jugé réaliste une croissance française grimpant à 2% pour 2011. Un espoir qui tranche avec la vision de l'OCDE qui y verrait plutôt une croissance plafonnant à 1,6% seulement.

Si cette prévision de l'OCDE s'avérait juste, la France serait alors tenue d'envisager plus sérieusement une politique de rigueur afin d'entrer dans les clous du Pacte de stabilité et de croissance imposé aux membre de l'Union européenne.

"Il faut assimiler les étrangers qui rejoignent notre communauté nationale"

Sur ce volet justement très attendu de tous les ménages français, le Premier ministre a promis que le choix du gouvernement ne se porterait pas sur une hausse des impôts. Cependant, il a confirmé la "réforme de la fiscalité du patrimoine" annoncée par le chef de l'Etat il y a quelques semaines de çà. Une réforme de la fiscalité attendue à la mi-2011.

Pêle-mêle, le Premier ministre s'est prononcé ensuite sur le thème de la dépendance des publics âgés. Une dépendance qui sera étendue à toute la protection sociale. Elargissant son discours, François Fillon ne s'est pas gêné pour envoyer quelques pics aux syndicalistes : "En tenant bon sur la réforme des retraites, nous avons réaffirmé l'autorité de l'Etat et la légitimité du Parlement", s'est-il félicité.

Le projet de jurys populaires en bonne voie

Plus loin, sur le thème de la sécurité cher au Président de la République, François Fillon a rappelé la ligne de conduite de son équipe gouvernementale : "Combattre l'insécurité n'est pas un combat politicien (...) et aucune complaisance n'est possible". Sur le sujet de l'immigration : "Il faut assimiler les étrangers qui rejoignent notre communauté nationale." Un message, sans doute, en réponse aux critiques vis-à-vis des expulsions de Roms en juillet août dernier.

Enfin, le Premier ministre a confirmé que le projet de jurys populaires était bien dans les tuyaux gouvernementaux : "Comment renforcer le lien entre le peuple souverain et sa justice? Il ne faut pas couper le lien entre le pays légal et le pays réel" a-t-il dit avant d'ajouter : "Est-il nécessaire d'avoir toujours neuf jurés? Le tribunal d'application des peines ne devrait-il pas s'élargir aux personnes hors de la justice?".

Soulevant finalement beaucoup de questions, le discours de politique générale II de François Fillon a devant lui moins d'un an et demi pour concrétiser toutes ces pistes jusque-là restées dans les cartons.

 

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