En Afrique du Sud, la grève tourne mal...

C'est une grève illimitée qui a été entamée mercredi dernier. Une grève qui touche les secteurs de la santé, de l'éducation ainsi que la police et la douane. Les revendications sont avant tout salariales. Les fonctionnaires réclament 8,6 % d'augmentation de salaire et 1.000 rands (environ 107 euros) d'allocation logement. Face à ces revendications, le gouvernement ne propose que 7 % d'augmentation et 700 rands (environ 75 euros) d'allocation logement.
Si le premier de jour de grève s'est déroulé sans incident malgré des effectifs très réduits au sein des services essentiels, hier, en revanche, les évènements ont pris une tournure plus dramatique.
Théoriquement, les personnels de santé, tout comme les policiers et les agents des services d'immigration, ne sont pas autorisés à faire grève en Afrique du Sud. Mais certains ont quand même cessé le travail et des piquets de grève se sont postés devant les hôpitaux et les écoles. A Johannesbourg, à l'hôpital Hani Baragwanath, des agents de service de santé en grève ont voulu convaincre leurs collègues restés à l'intérieur de les rejoindre. La police est alors intervenue. Elle a tiré des balles en caoutchouc et avec des canons à eau pour les faire reculer.
La police a aussi tiré des balles en caoutchouc contre des enseignants en grève près d'une autoroute de Johannesbourg. Sur place, le gouvernement tente de faire face à la situation. Il a déjà annoncé que les médecins militaires restaient prêts à intervenir si besoin dans les hôpitaux publics, comme à Durban, où les autorités ont déjà appelé des militaires pour remplacer des infirmières.
Si au niveau du service public un accord devrait être trouvé avant la fin du mois d'août, le problème est que la grogne sociale risque de prendre de l’ampleur et de gagner le secteur privé. A Pretoria, par exemple, les ouvriers de l’industrie métallurgique ont déjà manifesté mercredi pour réclamer des hausses de salaires.



