Revenir à la rubrique : Education | Société

Election du président de l'université : "un déni de démocratie" selon la CGTR

Ecrit par T.L. – le vendredi 14 février 2025 à 19H20

Après le SNESUP-FSU, c'est au tour de la CGTR de dénoncer des manœuvres politiques visant à contourner le vote des personnels dans le scrutin à trois tours pour désigner le futur président de l'université. Le candidat arrivé en tête au premier tour, Richard Lorion (61%), devrait être battu lundi au 3è tour par Jean-François Hoarau, grâce à l'appui selon les syndicats de la Région et du Département.

Fonds européens à gogo, main-mise sur la gestion de la masse salariale, sur les embauches et même sur la gestion des carrières des personnels : l'Université de La Réunion serait un puissant levier de pouvoir qui attise les convoitises, à en croire les militants de la CGTR Éducation.

Manifestement écœurés par la tournure que prend l'élection du successeur de Frédéric Miranville à la tête de l'université, ils craignent que le « système Miranville » redevienne la norme, malgré les ennuis judiciaires de l'ex-président.

Le candidat soutenu par la CGTR (mais aussi par le SNESUP-FSU), Richard Lorion, est arrivé largement en tête au premier tour (61%), mais devrait vraisemblablement être battu lundi, lors du troisième et dernier tour, par son rival Jean-François Hoarau.

Lire aussi : À l'Université, on veut "tourner la page" avec ces élections

Explication. Le mécanisme du second tour, qui introduit des personnalités extérieures à l'université, dont des personnes désignées par des instances politiques (Région et Département), mais aussi des syndicalistes étudiants (présentés comme proches de Frédéric Miranville), aurait notamment permis l'élection des quatre personnalités qualifiées soutenues par Jean-François Hoarau.

Lors du vote de lundi, 35 membres du conseil d'aministration (il manque un représentant étudiant) désigneront le nouveau président de l'Université de La Réunion. Et au regard du second tour, c'est désormais Jean-François Horau qui dispose de la majorité.

Selon Joël de Palmas, secrétaire général de la CGTR Éducation, les voix des soutiens de Frédéric Miranville se seraient reportées mécaniquement sur la candidature de Jean-François Hoarau, celle de Richard Lorion incarnant la rupture avec les anciennes « pratiques nauséabondes » de « harcèlement, de détournement et de faux en écriture ».

Une manoeuvre de contournement du vote des personnels

« C'est un moment difficile à vivre au niveau de notre militantisme, parce qu'on a été amené à dénoncer un système mis en place par Miranville, et qu'il a fallu plus de trois ans pour que l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur rende un avis. C'est un déni de démocratie et c'est cela qui nourrit la défiance des gens sur l'importance d'aller voter. Je préfère être clair, car nos militants ne vont pas comprendre pourquoi on a gagné le premier tour et qu'on perd à la fin », commente, amer, Joël de Palmas.

Le secrétaire général de la CGTR Éducation rappelle que c'est la loi Pécresse de 2007, pilotée à l'époque par le président Nicolas Sarkozy, qui autorise cette manœuvre de contournement du vote des personnels des universités. « Déjà, en son temps, le président Miranville avait été élu par ce biais. Si l'histoire se répète, jusqu'où va-t-elle se répéter ? », interroge le syndicaliste, tandis que ses militants disent préférer s'exprimer sous couvert de l'anonymat, pour éviter les représailles.

Lire aussi : [Communiqué] SNESUP-FSU appelle à respecter les choix des personnels de l'Université lors de l'élection du futur président

La CGTR assure qu'un des représentants des institutions partenaires de l'université (Inserm et IRD) a pris un billet d'avion depuis Paris pour venir voter pour Jean-François Hoarau. Alors qu'il dispose d'un suppléant dans l'île qui aurait pu très bien s'acquitter de la tâche.

« Ce qui nous choque, c'est que les deux collectivités, Région et Département, ont voté ensemble contre le candidat arrivé en tête dans le vote du personnel », assure Joël de Palmas. « Je n'ai rien contre M. Hoarau, mais force est de constater que lorsque nous avons fait le pied de grue devant le rectorat ou devant la préfecture pour dénoncer les agissements de M. Miranville, les gens qui figurent sur sa liste n'étaient pas avec nous ».

Dans la même rubrique

0💬
Tri :