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À l'Université, on veut "tourner la page" avec ces élections

Ecrit par J.D – le mercredi 5 février 2025 à 11H08

Après le renouvellement des trois conseils centraux en décembre, l’élection du futur président de l’Université de La Réunion se tiendra le 17 février prochain. La communauté universitaire veut « tourner la page » après des années de tensions, marquées par des pratiques controversées et l’influence politique. Campagne sereine, programmes distincts mais respectueux : l’établissement aspire désormais à un fonctionnement collégial, loin de l’ère Miranville.

Les enjeux autour de la présidence de l’Université de La Réunion se précisent. Le 17 février prochain, le Conseil d’administration – bientôt au complet, avec la désignation des personnalités extérieures le 7 février – élira celui qui prendra la place de Jacques Comby, administrateur provisoire, qui avait œuvré à rétablir la stabilité, notamment sur la question du redressement des finances, après la suspension de Frédéric Miranville. Les conditions d’éligibilité ont été officiellement ouvertes le 29 janvier, et les candidats ont jusqu’au 6 février pour déposer leur dossier.

Lire aussi : Élection à l'Université : premier tour de chauffe avant la présidence en février prochain

"Retrouver un fonctionnement normal, digne d’une université"

Aux élections des conseils centraux (administration, recherche, formation et vie universitaire), la liste Réunion université nouvelle, portée par Richard Lorion, directeur de l’IUT, a recueilli en moyenne 60 % des suffrages. « Globalement, les collègues veulent retrouver un fonctionnement normal, digne d’une université », confie un ancien élu, sous couvert d’anonymat.

Il faut dire que l’ère Frédéric Miranville avait laissé des traces, au point de conduire à sa suspension et à la désignation d'un administrateur provisoire. Si l'on se penche sur le fonctionnement interne de l’université, les personnalités extérieures du conseil d’administration, censées représenter le monde socio-économique (Département, Région, entreprises), systématiquement absentes, déléguaient leur vote par procuration au président. « Un représentant n’a jamais mis les pieds à La Réunion, mais donnait procuration au président. Ces pratiques faussaient le jeu démocratique », déplore un élu.

Campagne sobre, enjeux stratégiques

Contrairement aux précédentes consultations, souvent émaillées d’incidents, cette campagne a été décrite comme « digne et sereine ». Jean-François Hoarau, proche du vice-président de la Région, Jean-Pierre Chabriat, a défendu son projet sans attaques personnelles. « On a vu deux visions s’affronter : une plus personnalisée, l’autre axée sur la coordination collective », analyse un enseignant.

La Région reste un partenaire incontournable, en particulier pour la gestion des fonds européens et l’élaboration des projets stratégiques. Dans le passé, des tensions ont pu ralentir certains financements, faute de dossiers complets ou de consensus. Le futur président devra donc entretenir un dialogue constructif avec la collectivité régionale, dont les compétences en matière de formation supérieure ont un impact direct sur la vie du campus. « Avoir un président en phase avec la Région est essentiel », rappelle un administratif.

Fin d’un cycle, début d’un autre

Le mandat précédent, mené par Frédéric Miranville, avait été marqué par des critiques sur un style « jupitérien » et un climat jugé trop clivant. Depuis la nomination d’un administrateur provisoire, l’ambiance semble s’être apaisée. Nombreux sont ceux qui espèrent désormais « tourner la page », en privilégiant un mode de gouvernance plus collégial.

Les élections de décembre ont ainsi montré une volonté partagée de sortir des pratiques perçues comme trop politiques. Si la campagne entre les deux grands pôles n’a pas été exempte de rivalités, elle est restée relativement sobre, loin des « boules puantes » qu’ont pu connaître d’autres scrutins universitaires.

Le scrutin du 17 février

C’est donc au Conseil d’administration, réuni au complet (y compris les extérieurs), qu’incombera la décision finale. Entre relations institutionnelles à consolider et climat interne à préserver, le nouveau président aura la lourde tâche de redorer l’image de l’établissement, de garantir la poursuite des projets de recherche et de formation, et de maintenir la cohésion entre les différentes composantes. Cette élection montre une constante : l’aspiration à la stabilité. L’enjeu est de « réconcilier l’université avec elle-même ». Mission accomplie ? « On ne sera jamais tous d’accord, mais on pourra débattre sans être ennemis », résume un membre de l'Université.

Etiquettes : Université

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