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Contrats PEC : le compte n'y est pas, selon Patrick Lebreton et Émeline K/Bidy

Ecrit par T.L. – le lundi 4 août 2025 à 17H00
Émeline K/Bidy et Patrick Lebreton.

Patrick Lebreton fait le constat d’un nombre de contrats PEC attribués inférieur de moitié au besoin estimé pour la rentrée scolaire à Saint-Joseph. La députée Émeline K/Bidy y décèle l’amorce d’un renoncement du gouvernement aux dispositifs de contrats aidés dès 2026.

C’est la stratégie brutale privilégiée par le président Donald Trump dans la plupart de ses négociations : étrangler son partenaire de discussion, avant de finalement relâcher l’étreinte pour obtenir un accord très avantageux. C’est cette même technique qu’aurait ainsi employée le gouvernement pour faire passer la pilule de la réduction des contrats aidés PEC, selon le maire de Saint-Joseph Patrick Lebreton et la députée de la circonscription Émeline K/Bidy.

« On avait manifesté devant la préfecture aux côtés des maires pour dénoncer la baisse des contrats PEC », a contextualisé ce lundi 4 août Émeline K/Bidy, lors d'une conférence de presse. « À l’époque, on nous avait promis le pire, sans doute pour pouvoir ensuite nous faire accepter ce qui allait nous arriver. On nous promettait de passer de 12.000 à 7.000 contrats PEC, de passer de 60 % de financements de l’État à 40 %, et de passer de contrats d’une durée de 11 mois à des contrats d’une durée de 6 mois. C’était une proposition que le gouvernement savait totalement inacceptable, déconnectée de la réalité sociale des territoires et des besoins des collectivités. »

Lire aussi : Ratenon demande le “déblocage” des contrats PEC

Profitant d’une visite dans l’île, le ministre des Outre-mer Manuel Valls avait donc annoncé un geste du gouvernement, lequel a été confirmé en mai dernier par un arrêté préfectoral actant la participation de l’État à 50 % pour 10.000 contrats d’une durée de 10 mois.

68 contrats PEC obtenus sur les 114 demandés pour la rentrée

Mais il y a deux semaines, la Région avait dénoncé par voie de communiqué des difficultés pour obtenir les 700 contrats PEC fléchés sur ses Emplois Verts, assurant que plusieurs associations en charge de l’organisation du nettoyage sur le terrain se trouvaient en grande difficulté, faute de disposer des postes promis.

C’est cette fois le maire de Saint-Joseph, et 1er vice-président de la Région, qui s’alarme du volume de contrats PEC mis à la disposition de sa collectivité pour la rentrée scolaire : selon Patrick Lebreton, seule une enveloppe de 68 contrats PEC a été notifiée pour les 114 demandés pour faire fonctionner 26 écoles (hygiène des locaux, restauration scolaire, sécurité des enfants et activités périscolaires) accueillant 4.500 élèves.

« Dans un souci de transparence totale, il serait nécessaire que la répartition de cette enveloppe de 10.000 contrats puisse être portée à la connaissance de la population. Au vu de la strate démographique de Saint-Joseph (environ 4,5 % de la population réunionnaise), nous serions en droit d’attendre une dotation équivalente à ce pourcentage, soit un quota de 450 contrats pour notre commune », avance Patrick Lebreton dans un courrier au préfet en date du 1er août. L’enveloppe globale allouée par l’État à Saint-Joseph pour 2025 se monte à 319 contrats PEC, alors que la commune en demandait 394.

Selon Ratenon, les 10.000 contrat PEC seront financés

Selon Émeline K/Bidy, les services de l’État auraient prévenu les collectivités de ne surtout pas s’engager sur des contrats PEC en 2026, ce qui complique la gestion des affaires communales. Et laisse planer la menace d’une suppression totale des dispositifs d’emplois aidés, dans le cadre du plan d’austérité de 43 milliards d’euros annoncé par le Premier ministre François Bayrou.

« Quand GBH emploie des contrats aidés, c’est de l’économie, et quand moi j’en emploie pour faire des routes ou surveiller vos enfants, c’est de l’assistanat ? », tonne Patrick Lebreton, en ciblant le président Emmanuel Macron et son emblématique ex-ministre de l’Économie Bruno Le Maire comme principaux responsables de la détérioration de la situation du pays.

De manière surpenante, le député Jean-Hugues Ratenon a indiqué lundi 4 août, dans un communiqué publié quelques heures après la conférence de presse de sa collègue Émeline K/Bidy, qu'il avait obtenu l'assurance du cabinet de la préfecture que les 10.000 contrats PEC prévus seraient bien financés. Jean-Hugues Ratenon invitant même les maires à se rapprocher des services de l'État « pour s'assurer de l'avancée des démarches » pour la rentrée scolaire.

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