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Conflit au Moyen-Orient : sur le fret, La Réunion « s'en sort plutôt bien »

Les tensions entre Israël et ses voisins continuent de s'intensifier. Se pose la question des conséquences du conflit au Moyen-Orient sur la desserte maritime de La Réunion.
Ecrit par Julien Delarue – le mercredi 2 octobre 2024 à 12H37

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, de nombreux armateurs préfèrent contourner la mer Rouge et le canal de Suez, qui accueillent habituellement entre 12 et 15 % du trafic maritime mondial. Ils choisissent de dévier leurs navires vers le cap de Bonne-Espérance, au large de l'Afrique du Sud, ce qui entraîne une hausse notable des volumes transportés sur cette route alternative. Auparavant, les compagnies qui desservaient La Réunion depuis l'Europe passaient par le canal de Suez, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

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Ce conflit au Moyen-Orient a-t-il des conséquences sur l'approvisionnement de notre île, mais aussi sur le coût du fret ? « Nous venons d'avoir un échange avec la préfecture. La Réunion, jusqu'à présent, s'en sort plutôt bien. 80 % des importations viennent d'Europe. Sur cet axe maritime, les services proposés aujourd'hui par les trois principaux acteurs maritimes (MAERSK, MSC et CMA CGM) nous permettent de préserver à la fois le service, les délais et les prix », explique Philippe Leuleu, président de l'Union Maritime Interprofessionnelle de La Réunion (UMIR).

"Nous parvenons à maintenir la qualité de la desserte"

« Il y a une vraie différence par rapport aux Antilles. La Réunion est, sur ces deux aspects, très bien positionnée. On parle souvent des difficultés du transport maritime, mais la réalité est différente ici. Nous parvenons à maintenir la qualité de la desserte. Nous avons récemment créé un nouveau service maritime : un bateau part directement du Havre et relie La Réunion avant de continuer vers l'Asie. C'est une connexion que nous n'avions pas auparavant. Ce bateau passe par le cap de Bonne-Espérance, et non plus par le canal de Suez. Dans ce contexte, nous arrivons à être opportunistes. Des bateaux, avant de poursuivre vers l’Asie, font désormais une escale à La Réunion, ce qui nous permet d'en tirer avantage », poursuit-il.

À écouter Philippe Leuleu, le fait d'avoir à La Réunion les trois premières compagnies maritimes mondiales est une « chance », même si l'une d'entre elles rencontre quelques difficultés logistiques en raison du conflit au Moyen-Orient et de la situation dans le détroit d'Ormuz. « Maersk souffre davantage dans le schéma de desserte, notamment à cause du hub de transbordement situé dans le nord du bassin de l'océan Indien. » Ce hub se trouve à Salalah, dans le sultanat d'Oman.

Au nord de Salalah se situe le détroit d’Ormuz, l’un des épicentres des tensions géopolitiques. Situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman, ce mince chenal de 40 kilomètres de large dans sa portion la plus étroite voit transiter près de 21 millions de barils de pétrole par jour. Autant dire que toute perturbation dans cette zone a des répercussions immédiates sur les échanges mondiaux, en particulier pour les États fortement dépendants des importations énergétiques comme la France, et plus indirectement La Réunion.

"C’est un levier de négociation important"

« C'est une préoccupation, car nous souhaitons que ces trois acteurs soient préservés. Dans le cadre de la lutte contre la vie chère, c’est un levier de négociation important », souligne Philippe Leuleu. « Maersk a réorganisé ses services avec une nouvelle alliance avec une cinquième compagnie, ce qui a conduit à l’arrêt des escales directes dans les ports français depuis l'Asie. Cela nécessite une réorganisation avec le hub de Salalah. Les navires en partance d'Europe ne peuvent parfois plus faire escale à La Réunion. Néanmoins, le service hebdomadaire est préservé avec MSC et CMA CGM, qui partagent des navires pour maintenir ce service commun. Chaque compagnie met à disposition un certain nombre de navires, garantissant ainsi des capacités suffisantes », ajoute-t-il.

Et le prix du fret au milieu de tout ça ? C'est une question que se posent autant les entreprises réunionnaises que les consommateurs, directement touchés sur leur pouvoir d'achat. Après une forte hausse, notamment du côté de l'Asie — qui représente 15 à 20 % des échanges avec La Réunion —, on assiste à une normalisation des tarifs du fret. « Nous avons subi une augmentation des prix, qui ont été multipliés par trois ou quatre au cours du premier trimestre. On observe désormais une baisse des tarifs. » Il est important de rappeler que La Réunion est souvent tributaire des lignes maritimes qui desservent d'autres pays.

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