Pourquoi la taxe sur les petits colis passe de 2 à 3 euros ce 1er juillet

La France abandonne sa taxe de 2 euros sur les petits colis au profit d'un nouveau droit de douane européen de 3 euros dès aujourd'hui 1er juillet.
Entrée en vigueur le 1er mars dernier, la taxe française sur les petits colis n'aura pas fait long feu. Le gouvernement a annoncé ce mardi 30 juin l'abandon de cette taxe de 2 euros pour s'aligner sur l'Union européenne qui met en place, à compter de ce mercredi 1er juillet, un nouveau droit de douane de 3 euros sur les petits colis importés depuis des pays situés hors de l'Union européenne.
La taxe française visait à répondre à l'explosion des importations de produits à très bas prix, notamment commercialisés par les géants chinois de l'e-commerce comme Shein, Temu ou AliExpress. Mais son efficacité s'est rapidement révélée limitée.
Une taxe française largement contournée
L'une des principales faiblesses du dispositif français tenait au fonctionnement du marché unique européen. Les plateformes avaient rapidement adapté leur logistique en faisant transiter leurs marchandises par d'autres États membres avant leur arrivée en France, échappant ainsi largement au prélèvement mis en place par la France. Contournée à près de 90 %, cette taxe n'a rapporté que 2,3 millions d'euros par mois à l'Etat, loin des 400 millions espérés par le gouvernement.
Face à cette réalité, l'exécutif a estimé qu'il n'était plus pertinent de maintenir une taxe uniquement française alors qu'un dispositif harmonisé entre désormais en vigueur à l'échelle européenne. Selon le cabinet du ministre du Commerce Serge Papin, conserver les deux dispositifs simultanément ne se justifiait plus dans le cadre du marché unique européen.
La nouvelle mesure européenne répond à un phénomène devenu massif. En 2025, près de 5,9 milliards de petits articles d'une valeur inférieure à 150 euros ont été importés dans l'Union européenne, contre 4,6 milliards un an auparavant. Une grande partie de ces produits provient des plateformes spécialisées dans l'ultra fast fashion ou les objets à très bas prix.
Avec ce droit de douane de 3 euros par catégorie d'articles, Bruxelles souhaite rétablir une concurrence plus équitable entre les commerçants européens et les plateformes étrangères bénéficiant jusqu'ici d'un avantage compétitif important.
Contrairement au dispositif français, cette taxe s'applique dans l'ensemble de l'Union européenne, ce qui devrait limiter fortement les possibilités de contourner la mesure en faisant transiter les colis par un autre pays membre.
Quel impact pour les consommateurs ?
Le nouveau droit de douane sera acquitté par l'entité juridique implantée dans l'Union européenne qui importe les marchandises. En théorie, il ne s'agit donc pas d'une taxe directement payée par le consommateur.
Dans les faits, rien n'empêche toutefois les plateformes ou les vendeurs de répercuter tout ou partie de ce coût supplémentaire sur les prix affichés. Les consommateurs pourraient ainsi constater une légère hausse du prix de certains produits vendus sur les grandes plateformes de commerce en ligne.
Le calcul de la taxe repose également sur les catégories de marchandises présentes dans un colis. Un colis contenant plusieurs articles identiques ne sera taxé qu'une seule fois, tandis qu'un colis regroupant différentes catégories de produits pourra être soumis à plusieurs droits de douane.
Par exemple, un colis contenant plusieurs tee-shirts identiques et de même valeur ne sera soumis qu'à un seul droit de douane. En revanche, un colis regroupant différents types de produits, comme une montre, un jean et un tee-shirt, fera l'objet d'une taxation pour chacune de ces catégories.


