Chasse aux tangues : Manifestation des chasseurs sous les fenêtres du préfet

Ils sont déterminés à protéger ce qu’ils considèrent comme une chasse traditionnelle. Les chasseurs de tangues sont appelés à se rassembler ce vendredi matin devant les grilles de la préfecture, à Saint-Denis. Ils ne décolèrent pas de la décision du juge des référés. “Face à la colère des chasseurs qui ont besoin de s’exprimer après le jugement rendu par le tribunal administratif, la Fédération a décidé d’organiser une manifestation ce vendredi 16 février à 10h devant la Préfecture de Saint-Denis”, précise la fédération dans un communiqué.
“Malgré le lieu choisi, qui est symbolique, la colère des chasseurs ne doit absolument pas être dirigée contre la Préfecture et le Préfet. Ce dernier nous soutient depuis les premières heures, ce qui est le cas également de l’ONF et de la DEAL. Ne nous trompons pas d’adversaire, soyons solidaires entre chasseurs et entre vraies institutions de protection de l’environnement. Montrons à One Voice que nous sommes solidaires, montrons que nous ne lâcherons rien, montrons que nous défendrons notre chasse ancestrale, montrons qu’ils ne gagneront pas”, ajoute les dirigeants de la fédération. Les représentants des chasseurs affirment avoir déjà reçu le soutien de plusieurs élus, comme Frédéric Maillot ou Stéphane Fouassin.
Une chance pour les pratiquants de la chasse emblématique de l’île : “Nous sommes contraints d’ouvrir la chasse le 15 mars… Sinon, nous risquons d’avoir une nouvelle annulation de l’arrêté. Il n’est cependant pas possible de fermer après le 15 avril car cette date est imposée par arrêté ministériel. Pour compenser cela, nous ouvrons tous les jours à la chasse. Il sera possible de chasser du lundi au dimanche, du 15 mars au 15 avril”, expliquent les chasseurs.
"Nous voulons défendre notre culture. C'est tout"
Pour Gaston, chasseur de tangues de la Rivière Saint-Louis, cette décision du tribunal administratif va se répercuter sur ses finances. "Combien de familles vivent sur ça ? Là, aujourd'hui, il y a un moun qui a besoin d'un peu d'argent, il peut vendre le tangue et sauver sa famille. Pour quelle raison nous défend-t-on de chasser ?", s'offusque-t-il.
De son côté, Patrick Beaudron, le président de la Fédération départementale des chasseurs de la Réunion estime que ce combat va au-delà de la décision du tribunal administratif. "Nous avons un patrimoine réunionnais avec le tangue qui se mange. Nous voulons défendre notre culture. C'est tout", argue-t-il.
Patrick Beaudron regrette que le nouveau calendrier imposé aux chasseurs de tangues en règle ouvre un boulevard aux braconniers. "Le braconnage démarre tout de suite à la sortie du trou du tangue en septembre et ne s'arrête pas jusqu'en février", souligne-t-il en demandant plus de contrôles et des sanctions plus sévères.
Pour les manifestants, le rendez-vous est surtout "un appel à l'aide". C'est pourquoi le préfet va recevoir une délégation dans la matinée afin de récupérer leur motion. Ils espèrent obtenir un nouvel arrêté "afin de pouvoir sauver la chasse de cette année 2024".
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