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Ces espèces invasives à éliminer

Face à la menace écologique des espèces invasives à La Réunion, le Groupe Espèces Invasives Réunion (GEIR) intensifie ses efforts pour protéger la biodiversité unique de l'île. Plus de 160 espèces animales et végétales exotiques pèsent lourdement sur les écosystèmes locaux.
Ecrit par Sophie Fontaine – le dimanche 17 mars 2024 à 07H03

La Réunion abrite 1.628 espèces animales et végétales endémiques. Cette richesse est fragile et constamment menacée par la présence d'espèces invasives et autres espèces exotiques envahissantes.

Selon le Groupe Espèces Invasives Réunion (GEIR), plus de 160 espèces invasives menacent aujourd'hui ce patrimoine naturel et il n'est pas toujours évident de les reconnaître. Ces espèces ont été introduites le plus souvent par l'homme, soit parce qu'elles sont belles et attractives, comme le martin convoité pour son chant, soit utiles, à l'image du goyavier qui s'avère être une peste végétale,. Mais ces espèces qui gagnent du terrain peuvent compromettre la survie d'une partie de la faune et de la flore déjà présentes sur le territoire, à l'image du tuit-tuit dont la population a fortement réduit ou des cultures péi saccagées par le rat surmulot.

Du côté de la faune, les Réunionnais distinguent bien le Merle Maurice, de son vrai nom le Bulbul Orphée, qui cause des dégâts dans les champs et facilite la dissémination de certaines espèces végétales envahissantes, mais aussi l'Agame des Roches ou Agame des Colons dont l'expansion géographique est particulièrement remarquable. Pour d'autres espèces de lézards, faire la différence est bien plus laborieux. Le gecko géant de Madagascar et le gecko vert poussière d'or entrent en compétition avec les geckos péi.

Ces espèces étant bien installées, difficile pour les acteurs de la protection de la nature d'en venir à bout,. Des actions de lutte opérationnelles sont menées par différentes associations qui encouragent la population à effectuer des signalements lorsqu'une espèce envahissante ou inconnue est observée.

Dès la détection de nouvelles espèces, au fil des alertes reçues par le GEIR sur le site notamment, les animaux exotiques et invasifs sont scrutés de près, menant à des opérations de lutte sur le terrain pour tenter de les éliminer. C'est le cas d'une population de Corbeau familier, la perruche à collier qui a été introduite comme animal de compagnie et se retrouve dans la nature, espèce à signaler si elle est observée.

Moins connu, le Rossignol du Japon a, comme la perruche à collier, été introduit sur l'île où il a été considéré comme un oiseau de cage et d'agrément. Fréquentant des forêts indigènes au Nord et à l'Est de l'île où il s'est naturalisé, d'après certains experts, il pourrait coloniser à terme les Hauts de l'île jusqu'à 2.700 m d'altitude.

 

La flore réunionnaise subit elle aussi l'introduction de jolies plantes invasives et exotiques envahissantes. Ces plantes, parfois achetées en pépinières et introduites pour orner les cours ou en consommer les fruits, finissent par envahir les espaces, prenant le pas sur les arbres et autres plantes péi. À titre indicatif, le conservatoire botanique national de Mascarin décrit dans cette liste le longose à fleurs jaunes, la grenadille banane dite “tête de bœuf”, le petit médinilla, l'arbre pieuvre ou encore le myriophylle du Brésil, la liane entada et le cactus à épine blanches.

Pour tenter de s'en débarrasser, l'Association pour la Valorisation de l'Entre-Deux Monde (AVE2M) met en lien les particuliers possédant un arbre interdit* et un élagueur qui réalisera l'abattage de l'espèce et son remplacement par un arbre indigène ou exotique non invasif sans frais pour le particulier.

 

*Les espèces éligibles au programme sont à retrouver sur le site Ansamb kont zinvaziv.

Etiquettes : Environnement

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