CASUD : un équilibre politique fragile sur fond d’accord de gouvernance

Entre compromis politique, rivalités contenues et stratégie d’équilibre, la gouvernance de la CASUD s’annonce aussi structurée que fragile. L’élection d’Alexis Chaussalet à la présidence, assortie d’un accord de rotation avec Patrick Lebreton, reflète une volonté d’éviter les tensions du passé. Mais à l’approche des échéances régionales, les équilibres politiques pourraient rapidement évoluer.
Après la CINOR et le Territoire de l’Ouest, cap sur la CASUD. Cette intercommunalité du sud, qui regroupe L’Entre-Deux, Le Tampon, Saint-Joseph et Saint-Philippe, offre un paysage politique particulièrement scruté depuis les dernières élections municipales. À sa tête, le maire du Tampon, Alexis Chaussalet, élu dans le cadre d’un accord politique avec Patrick Lebreton et Camille Clain. Un compromis qui prévoit une présidence tournante à mi-mandat entre Chaussalet et Lebreton. Invité de Zinfos974, le directeur de l’institut Sagis, Philippe Fabing, décrypte avec Pierrot Dupuy les équilibres et les tensions de cette gouvernance.
Une présidence issue d’un compromis stratégique
Dès le départ, l’issue de l’élection à la présidence de la CASUD restait incertaine. Deux figures s’imposaient : Alexis Chaussalet, fraîchement élu au Tampon, et Patrick Lebreton, expérimenté et déjà bien installé dans les sphères politiques régionales.
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Pour Philippe Fabing, le choix final relève d’un arbitrage fin, évoquant un compromis destiné à éviter un affrontement direct entre deux poids lourds de la majorité régionale.
Le contexte pesait lourd. Le mandat précédent avait été marqué par une forte conflictualité, notamment entre Patrick Lebreton et André Thien-Ah-Koon. Cette fois, l’objectif était clair : préserver la cohésion politique au sein d’une intercommunalité désormais alignée sur la majorité régionale menée par Huguette Bello.
Alexis Chaussalet face à un double défi
Pour le nouveau président, les enjeux sont multiples. À la fois maire d’une commune de plus de 80.000 habitants et président de l’intercommunalité, Alexis Chaussalet devra rapidement trouver ses marques.
Philippe Fabing insiste sur l’ampleur de la tâche : "Ça fait beaucoup d’apprentissage pour Alexis Chaussalet, ça ne lui simplifie pas la tâche", analyse-t-il.
D’autant que Le Tampon, bastion historiquement ancré à droite, constitue un terrain politique exigeant pour un élu issu de la majorité régionale. La présidence de la CASUD apparaît ainsi comme un mandat de consolidation, mais aussi comme un test grandeur nature.
L’accord prévoit une passation de pouvoir à mi-mandat au profit de Patrick Lebreton. Mais cette perspective reste suspendue à plusieurs variables, notamment les prochaines élections régionales. Un point sur lequel Pierrot Dupuy se montre prudent :
"On a vu par le passé ce que valent les promesses de partir à mi-mandat et de laisser la place à l'autre."
Philippe Fabing met également en garde contre les aléas politiques : la période de mi-mandat interviendra après ce scrutin clé, susceptible de rebattre les cartes. Une éventuelle alternance à la Région pourrait fragiliser l’accord initial et redistribuer les équilibres internes.
Camille Clain joue la carte du pragmatisme
Autre fait marquant : le positionnement de Camille Clain. Issue d’une sensibilité plutôt à droite, la maire de L’Entre-Deux a choisi de s’aligner avec la majorité portée par Chaussalet et Lebreton.
Un choix que Philippe Fabing qualifie de pragmatique : pour une petite commune, maintenir de bonnes relations avec l’intercommunalité, mais aussi avec le Département et la Région, relève d’une logique de gestion plus que d’idéologie.
Olivier Rivière, isolé au sein de l’intercommunalité
À l’inverse, le maire de Saint-Philippe, Olivier Rivière, apparaît comme le grand perdant de cette recomposition politique. Resté en dehors de l’accord majoritaire, il se retrouve désormais en minorité, dans un contexte marqué par des tensions anciennes avec Patrick Lebreton. Une situation délicate qui pourrait limiter son influence au sein de la CASUD.
Au final, la CASUD s’engage dans un mandat placé sous le signe de l’équilibre. Entre compromis politique, ambitions personnelles et échéances électorales à venir, la stabilité de l’exécutif intercommunal dépendra de la capacité de ses dirigeants à maintenir l’unité.
Un défi de taille dans un territoire où les rapports de force restent mouvants, et où chaque décision pourrait avoir des répercussions bien au-delà de l’intercommunalité.


