Cancer du sein : le message d’espoir de Sylvie Morel, patiente-partenaire et militante d’Octobre Rose

Quand le diagnostic tombe, c’est toute une vie qui bascule. En 2020, Sylvie Morel apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein métastasé. Patiente-partenaire au sein de l’association ASETIS, elle sensibilise les femmes réunionnaises à l’importance du dépistage et à la nécessité de connaître leur corps. Son message est simple : "La peur est naturelle, mais on peut l’affronter."
Diagnostiquée d’un cancer du sein métastasé il y a quelques années, Sylvie Morel, agricultrice et membre de l’association ASETIS, est aujourd’hui patiente-partenaire. Elle met son expérience au service des autres femmes pour briser les tabous autour de la maladie et encourager le dépistage précoce.
Un diagnostic brutal et une vie bouleversée
En 2020, la vie de Sylvie Morel bascule. "Le cancer du sein a été déclaré chez moi avec ce petit mot derrière, métastasé", confie-t-elle. Une annonce inattendue, d’autant plus qu’elle venait de consulter quelques mois plus tôt sans signe apparent. "Le cancer s’est déclaré d’un coup, de manière fulgurante. C’est comme ça", raconte-t-elle une voix calme, empreinte de lucidité. "Six mois avant, j’étais chez le gynécologue et il n’y avait rien. Mais du jour au lendemain, tout a basculé".
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Le jour du diagnostic, le choc a été immense, pour elle comme pour son mari. "Il m’a simplement dit : je ne veux pas te perdre". Pourtant, Sylvie refuse de se laisser abattre. Elle choisit d’affronter la maladie avec détermination : "Le cancer est là. Qu’est-ce qu’on fait ? On avance."
Un parcours de soin long et incertain
Son traitement s’avère particulièrement complexe. Atteinte d’un cancer métastasé, son protocole évolue au fil du temps. "On m’avait dit qu’on ne savait pas combien de temps cela allait durer, ni comment réagirait mon corps. Mais j’ai eu de la chance : j’ai bien répondu à la première molécule", explique-t-elle.
Après plusieurs mois de chimiothérapie, d’interventions et d’effets secondaires, Sylvie a pu être opérée. "On m’a opéré du poumon et enlevé un sein. Aujourd’hui, je suis toujours sous traitement, un peu comme quelqu’un qui vit avec une maladie chronique. L’objectif, c’est de maintenir la maladie", indique Sylvie.
De la patiente à la militante
Devenue patiente-partenaire au sein de l’association ASETIS, Sylvie met désormais son expérience au service des autres. L’association accompagne les femmes atteintes d’un cancer du sein dans leur parcours : soutien psychologique, suivi diététique, activité physique adaptée... Autant d’aides essentielles au bien-être et à la reconstruction.
Mais l'engagement de Sylvie va plus loin. En ce mois d’Octobre Rose, elle prend la parole pour inciter les femmes à se faire dépister sans attendre. Agricultrice de métier, Sylvie puise ses mots dans la terre : "Quand les mauvaises herbes poussent et qu’on ne fait pas attention, c’est tout le jardin qui est touché. Notre corps, c’est pareil : il faut s’en occuper avant qu’il ne soit trop tard."
"La peur est naturelle, mais il faut l’affronter"
Sylvie sait que beaucoup de femmes redoutent la mammographie ou la mauvaise nouvelle. "La peur est naturelle, mais qu’est-ce qu’on en fait ? On peut l’affronter", dit-elle simplement.
Elle encourage chacune à être à l’écoute de son corps. "Prenez un rendez-vous avec vous-même chaque mois. Apprenez à connaître votre poitrine, à repérer les changements. Et surtout, faites votre mammographie. C’est une simple photo qui peut vous sauver la vie", insiste-t-elle.
Son message s’adresse aussi aux plus jeunes : "On n’a pas besoin d’attendre 50 ans pour consulter. Si quelque chose change, parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme."
Détecté tôt, le cancer du sein guérit dans 9 cas sur 10
Après plusieurs années de combat, Sylvie garde une énergie contagieuse. "Aujourd’hui, je profite de chaque instant. La vie est un cadeau. Demain ne nous appartient pas, alors vivons le présent", conclut-elle avec le sourire.
À travers son témoignage, Sylvie espère convaincre davantage de femmes réunionnaises de franchir le pas du dépistage. Un geste simple, mais vital : détecté tôt, le cancer du sein guérit dans neuf cas sur dix.


