Billets d’avion, frais bancaires, colis : la proposition de loi socialiste adoptée à l'Assemblée

La proposition de loi défendue par le député Philippe Naillet a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale. Elle vise à réduire les écarts de prix entre l’Hexagone et l’Outre-mer sur plusieurs services essentiels.
Adoptée jeudi soir dans le cadre de la niche parlementaire du groupe socialistes et apparentés, la proposition de loi sur la vie chère dans le secteur des services entend corriger plusieurs inégalités persistantes entre l’Hexagone et les Outre-mer. Philippe Naillet, député socialiste de la 1ère circonscription de La Réunion et rapporteur du texte, salue une étape importante avant son examen au Sénat. L’objectif est désormais de permettre l’engagement de la navette parlementaire pour aboutir à une adoption définitive.
Le texte agit sur trois leviers du quotidien : les colis postaux, les billets d’avion et les frais bancaires. L’article premier étend la péréquation tarifaire postale, aujourd’hui limitée à la métropole, à tous les envois depuis et vers l’Outre-mer. Une mesure attendue alors que l’expédition d’un colis depuis La Réunion coûte encore deux à trois fois plus cher que sur le territoire hexagonal.
Plafonner les billets d'avion
L’article 2 propose de plafonner les prix des billets d’avion, en s’inspirant des dispositifs espagnol et portugais. Philippe Naillet dénonce un système de continuité territoriale « à plusieurs vitesses », rappelant que l’État consacre 257 euros par habitant pour la Corse contre seulement 16 euros en Outre-mer. À l’approche des fêtes, où les tarifs s’envolent sous l’effet du yield management, la ministre des Outre-mer a confié une mission parlementaire au député Jiovanny William pour réguler ces pratiques.
Enfin, la proposition renforce la convergence tarifaire des frais bancaires. Douze ans après la loi Lurel, qui interdisait déjà les écarts, les banques continuent d’appliquer des tarifs supérieurs pour la plupart des services de base. Le texte redonne à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) le pouvoir de sanctionner les établissements récalcitrants et d’ordonner le remboursement des sommes indûment perçues.
« La bataille contre la vie chère est plus que jamais la première des priorités », souligne Philippe Naillet, rappelant qu’une enquête récente indique que 67 % des Réunionnais peinent à joindre les deux bouts et que 57 % placent le pouvoir d’achat au premier rang de leurs préoccupations


